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Banque éthique, verte ou écologique : de quoi s’agit-il ?

  • Temps de lecture: 8 - 9 min
  • 01 février 2024
banque verte
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Choisir sa banque est souvent un vrai casse-tête. Compte courant, épargne, livrets… placer son argent ne se fait pas au hasard, et on aime savoir où il va, et surtout, à quoi il sert. Pour rendre ses comptes plus vertueux et soutenir un futur durable, il faut se tourner vers les nouveaux établissements éco-responsables du monde bancaire : les banques vertes et éthiques.

Saviez-vous qu’une banque pouvait soutenir activement la transition écologique ? Alors que le système financier tente de se mettre au vert, les banques éthiques fleurissent pour offrir des alternatives plus responsables et protéger à la fois l’argent de ses épargnants et la planète. Transparence, financement de projets durables, soutien des énergies renouvelables… des petits pas pour le secteur bancaire qui ont des effets positifs sur les clients et l’environnement. Mais entre banques vertes, éthiques, éco-responsables, solidaires, durables ou néobanques, comment s’y retrouver ? Big média vous éclaire sur ces nouveaux établissements.

Qu’est-ce qu’une banque verte, éthique ou écologique ?

Si l'expression "l'argent ne dort jamais" provient d'un film, elle décrit parfaitement une réalité : dans le monde de la finance, les flux monétaires sont permanents. Ainsi, les économies placées sur votre compte épargne n'y demeurent pas sagement en attendant que vous les utilisiez. Elles servent à financer des projets dans tous les domaines à travers le monde, dont certains ne sont peut-être pas forcément en accord avec vos valeurs. Pas question pour autant de vivre de petites coupures provenant d'une valise cachée sous votre matelas. Au sein du secteur bancaire, il existe des banques vertes et éthiques, créées dans le but de prioriser l’investissement dans des projets solidaires et durables, et de développer l’économie sociale et solidaire. 

Les banques, au même titre que n'importe quelle autre entreprise, peuvent s'engager dans une démarche éco-responsable et chercher à rendre leur activité quotidienne plus vertueuse, en faisant reposer sa stratégie sur des principes de RSE (responsabilité sociale et environnementale). En revanche, la définition de "banque éthique" est clairement encadrée et concerne la gestion financière, là où les termes de banques “vertes” ou “écologiques” peuvent être plus libres d'interprétation - et donc davantage sujets au greenwashing. 

Verts, éthiques ou écologiques, ces nouveaux établissements bancaires ont pour caractéristique principale de ne pas se concentrer uniquement sur la maximisation de leur profit, mais de viser un impact positif sur l'environnement et la société, en donnant du sens aux fonds des épargnants.

Les banques vertes ou éthiques : un modèle de finance durable ?

Les banques vertes, aussi appelées banques éthiques, sont des banques qui ne donnent pas la priorité au profit mais cherchent plutôt à l’équilibrer avec un engagement environnemental et social, à la fois dans leur fonctionnement interne et dans les investissements. Ces établissements s’adressent aussi bien aux particuliers qu'aux entreprises. Elles font partie du système de la finance durable.

La Fédération Européenne des Banques Ethiques et Alternatives (FEBEA) définit clairement le statut de banque éthique et en détaille plusieurs caractéristiques :

  • des fonds mis au service du « bien commun », en investissant dans des projets culturels, sociaux et environnementaux ;
  • la transparence concernant les investissements et les projets soutenus ;
  • une gestion éthique de l’argent, le refus de spéculer dans des opérations ou pays ayant des valeurs non responsables ou éthiques ; 
  • limiter la rémunération du capital, s’investir dans l’autonomie et l’intégration territoriale.

Les néobanques sont-elles des banques éthiques ?

Concept récent et de plus en plus populaire, les néobanques proposent des services digitalisés, accessibles uniquement via une application sur smartphone. Interfaces ergonomiques, fonctionnalités limitées et services restreints : il s’agit le plus souvent d’établissements de paiement sans licence bancaire, dépendants d’une banque intermédiaire. Avant de se tourner vers la première néobanque verte venue, mieux vaut donc s’assurer que l’établissement sur lequel elle repose partage ces valeurs. Il est donc nécessaire de tracer les fonds et leur utilisation. Pour cela, certains établissements digitaux s’attachent à mettre à disposition des rapports d’activité transparents et détaillés que les adhérents peuvent consulter pour s’assurer que leur néobanque est aussi éthique qu’ils le souhaitent.

Les néobanques offrent de nombreux avantages, y compris pour les entrepreneurs. Il est plus facile d’y ouvrir un compte à moindre frais, et elles proposent des formules attractives pour les entrepreneurs, avec un suivi des devis et factures en temps réel sur l’application. Mais efficacité ne rime pas toujours avec transparence. 

Les néobanques ne sont pas, après tout et comme le rappelle la Banque de France, pas des banques. Elles permettent d’ouvrir un compte bancaire et d’effectuer des transactions, mais ne gèrent pas directement l’argent que vous leur confiez, car elles ne sont pas agrémentées pour - c’est là qu’entre en jeu la banque sur laquelle elle s’appuie, sans garantie que celle-ci ait des intentions 100 % vertueuses. Par ailleurs, si les néobanques se positionnent en faveur de projets écologiques (agriculture durable, énergies renouvelables), elles mettent rarement en avant des projets à portée sociale ou culturelle. 

Pourquoi choisir une banque verte et éthique en tant qu’entrepreneur ? 

Alors, pourquoi se tourner vers une banque éco-responsable ? Les raisons ne manquent pas : pour s’engager dans la lutte contre le réchauffement climatique, pour limiter son empreinte carbone, pour s’investir dans une initiative collective et soutenir des projets solidaires, pour être en accord avec ses valeurs, ou encore par volonté de transparence… Face à une demande croissante, les établissements diversifient leurs offres et se mettent - doucement mais sûrement - au vert.

Pour soutenir des projets éco-responsables et écologiques

Rejoindre une banque verte ou éthique permet d’investir son argent dans des projets respectueux de l’environnement et à impact positif sur la société. Il peut s’agir de projets soutenant les énergies renouvelables, la protection de la biodiversité ou l’inclusion sociale, tels que la construction de centrales solaires ou la lutte contre le mal-logement grâce à des projets mettant à disposition des habitats. Les banques éco-responsables permettent également aux particuliers de choisir les projets qu’ils soutiennent et garantissent plus de transparence sur les produits qu’elles proposent et l’utilisation des financements.

Pour la transparence de leurs investissements

Les banques vertes s’appliquent à être plus transparentes que les établissements classiques avec leurs clients. Ces derniers savent donc où va leur argent, et à quoi il sert précisément. Une banque éthique informe donc les clients de l’utilisation de leur argent : savoir que son argent a contribué à planter des arbres ou aider des personnes en réinsertion professionnelle a une autre saveur que d’investir dans des projets inconnus.

En tant qu’entrepreneur, ce choix est encore plus essentiel, car il est important que votre établissement bancaire soit en accord avec vos valeurs, vos objectifs éco-responsables et votre démarche RSE. 

Bon à savoir - Crowdfunding et impact investing
Le crowdfunding, ou financement participatif, est un autre moyen d’investir son argent dans des causes durables. Il s’agit d’une solution de financement pour un projet (souvent entrepreneurial), reposant sur la participation d’un grand nombre de particuliers. Le crowdfunding s’effectue via des plateformes en ligne, mais certaines banques éthiques ont développé leur propre plateforme, comme la Nef avec Zeste, une coopérative bancaire.
L’impact investing (investissement à impact) vise quant à lui à offrir une alternative aux épargnes classiques. Il s’agit d’investissements ciblés, auprès de structures engagées, qui visent à avoir un impact social et environnemental positif. Cet investissement fait l’objet d’un reporting et a pour but d’allier performance financière et, comme son nom l’indique, impact positif.

Une banque responsable, comment ça marche ?

Le développement des banques vertes est un phénomène relativement récent, mais elles disposent déjà d’un certain nombre d’outils pour garantir leur écoresponsabilité. Placer de l’argent dans des entreprises ou des projets favorisant la transition écologique et visant à avoir un impact positif sur l’environnement, tout en garantissant un rendement pour l’investisseur, n’est pas une mince affaire.

Labels, fonds solidaires, livrets dédiés au développement durable… C’est tout un écosystème qui s’est développé afin de guider au mieux les clients dans leurs investissements durables et de faire preuve de transparence à tous les niveaux.

Les labels pour les placements en banque éthique

Les établissements bancaires rivalisent d’originalité pour les slogans mettant en avant leur engagement dans le développement durable mais comment garantir qu’une banque est aussi éthique qu’elle le dit ? Les labels permettent de s’y retrouver et de ne pas tomber dans le piège du greenwashing, et de choisir les meilleurs placements verts pour votre argent :

  • FINANSOL : créé en 1997, ce label distingue les placements d’épargne solidaire des autres produits mais ne peut pas labelliser une association ou une entreprise dans son ensemble. Il est délivré par un comité indépendant de l’association FINANSOL (maintenant FAIR), selon des critères de solidarité (financement de projets à forte utilité sociale et environnementale), de transparence (informer les épargnants sur l’aspect solidaire d’un produit, compte-rendu des données de la finance solidaire) ou encore d’action commerciale et de frais financiers.
  • ISR (Investissement Socialement Responsable) : créé en 2016 par le Ministère de l’Economie, ce label prend en compte les critères ESG.  Il a pour but de promouvoir les placements responsables et durables et est attribué à des OPCVM (organisme de placement collectif en valeurs mobilières), des fonds alternatifs ou des fonds immobiliers. Le label est attribué par un comité ou un organisme agréé selon une liste de critères. En France, la Banque Postale Asset Management est ainsi le premier gérant d’actifs généraliste à avoir obtenu le label ISR pour 100 % de ses fonds éligibles.

Fonds et livrets durables dans les banques vertes

Dans quoi investir son argent si on rejoint une banque éthique ? Comme les banques classiques, elles proposent différents produits qui n’ont pas le même impact sur votre argent et qui traitent l’investissement de différentes manières :

  • Green bonds (ou obligations vertes) :  il s’agit d’un instrument financier de type obligataire émis par une entreprise ou une entité publique pour financer des projets soutenant la transition écologique et définit dans un document cadre. Un green bond oblige l’émetteur à allouer l’usage des fonds récoltés vers des projets éligibles. Il  doit répondre à des standards internationaux (ICMA Green Bond Principles, par exemple) et implique une publication annuelle d’un rapport d’Allocation & d’Impact rendant compte aux investisseurs des projets financés et de leur impact.
  • LDDS : Livret de Développement Durable et Solidaire, ou « prêt vert » : c’est un produit d’épargne réglementé contribuant au financement de la transition énergétique et à l’économie sociale et solidaire (ESS). Il permet de reverser la totalité ou une partie des intérêts à des associations ou à des entreprises de l’ESS.
  • Fonds de garantie (garantie solidaire) : ces fonds garantissent aux banques le bon remboursement des prêts. Dans certains cas, il s’agit de fonds à vocation sociale ou solidaire qui soutiennent les personnes en réinsertion, en situation de précarité, la création ou reprise d'entreprises de personnes en difficulté, ou les initiatives pour les femmes. La garantie France Active ÉGALITÉ Femmes, dédiée aux créatrices ou repreneuses d’entreprises ainsi qu’aux demandeuses d’emploi, facilite ainsi l’accès des femmes au crédit bancaire, avec une couverture maximum de 80% dans la limite de 50 000 €, pour une durée maximum de sept ans.

La régulation des banques éthiques

Depuis la COP21 (2015), les banques françaises se sont engagées à s’aligner avec l’objectif de l’Accord de Paris de limiter le réchauffement climatique à 1,5°, afin d’assurer la cohérence des flux financiers avec l’objectif bas carbone. Mais entre l’intention et la pratique, il y a parfois un écart. Il existe actuellement peu de régulations pour les banques vertes qui mettent en avant leur transparence mais ne sont, par exemple, pas tenues d’exclure de leurs financements les entreprises qui soutiennent les énergies fossiles.

En 2021, 43 banques venant de 23 pays se sont réunies pour créer la Net Zero Banking Alliance (NZBA). Ces établissements s’engagent ainsi à aligner leurs investissements sur l’objectif établi par l’ONU de zéro émission nette d’ici 2050.

Attention au greenwashing
Certaines banques mettent en avant des engagements durables et environnementaux et proposent aux clients des investissements dans ce sens mais financent encore les énergies fossiles. Il faut être particulièrement vigilant dans le cas des néobanques qui mettent en avant le financement de projets solidaires ou éco-responsables, mais qui peuvent reposer sur des banques classiques, qui n’appliquent pas les mêmes principes que les banques vertes. 

Comment choisir une banque éthique ?

Choisir sa banque n’est jamais une mince affaire, mais choisir une banque éthique peut se révéler encore plus difficile. Pour bien s’y retrouver, alors que l’offre se développe de plus en plus, il faut considérer plusieurs critères et évaluer ses besoins en termes d’investissement et d’outils disponibles. Une banque verte peut apporter bien des avantages mais les néobanques, entièrement digitalisées, présentent une alternative intéressante. Alors comment bien choisir sa future banque écoresponsable et solidaire ?

Plusieurs critères sont à prendre en compte avant de rejoindre une nouvelle banque plus verte et plus éthique : 

  • la transparence : opter pour un établissement qui communique clairement sur les projets qu’il soutient ou qui propose des produits financiers labellisés ;
  • les produits proposés : se renseigner sur les différents types de produits proposés, et savoir lesquels sont les plus intéressants pour votre statut (particulier, entrepreneur…) et écoresponsables ;
  • se tourner vers des fonds d’investissements éthiques, pour placer moins d’argent en banque et évaluer l’empreinte carbone de son compte bancaire grâce à des outils en ligne ; 
  • les projets et associations soutenus par la banque, et leur accord avec vos valeurs et votre engagement RSE ; 
  • les possibilités d’investissement socialement responsable (ISR), pour allier développement durable, performance économique et impact social.

Exemples de banques vertes et éthiques en France

Les banques éthiques sont en plein développement. Difficile de s’y retrouver dans ce paysage bancaire où chaque établissement semble plus vert que l’autre. On peut toutefois distinguer certains acteurs :

  • La Nef : association créée en 1978, elle est désormais une société financière et non plus une banque. Il n’est pas possible d’y avoir un compte courant ou une carte bleue, elle sert uniquement à placer et investir son argent. La Nef se place en tête des classements et est considérée comme la banque éthique “de référence” selon Greenpeace : elle a la plus faible intensité carbone et publie chaque année un rapport rendant compte de tous les projets durables financés.
  • Le Crédit Coopératif : fondé en 1938, il propose un LDDS et est contributeur de la loi ESS de 2014. Il s’agit d’une filiale de la BPCE qui offre un large éventail de produits bancaires soutenant des projets de l’Économie solidaire et sociale.
  • La Banque Postale : c’est la seule banque française à avoir obtenu la note “A” du Carbon Disclosure Project (CDP) en 2022. Elle propose également un LDSS et une gamme de prêts verts. La Banque Postale a atteint la neutralité carbone sur tout son système opérationnel en 2018 et s’est fixé pour objectif de sortir des énergies fossiles d’ici 2023.

Les néobanques ne sont également pas en reste, même s’il faut faire preuve davantage de vigilance pour ces applications bancaires : 

  • Green-Got : ce groupe français propose un compte épargne et un compte courant qui permettent de financer des projets et des entreprises dans le secteur de la transition énergétique. L’application propose un suivi direct de l’impact de vos investissements ou de faire des dons à des associations. 
  • Hélios : fondée en 2021, elle comptabilise un total de 6 millions d’euros investis dans des projets de transition écologique et a été certifiée “sans énergies fossiles” par un organisme externe indépendant.


Sources : 
Charte de la FEBEA - Febea.org
Guide label FINANSOL - FAIR