Singulart Paris : la marketplace qui secoue le marché de l'art contemporain

La digitalisation, indispensable pour faire valoir l’art contemporain ? Big média a échangé avec Véra Kempf, cofondatrice de Singulart et ambassadrice de La French Touch, sur la question. Grâce au digital, la startup poursuit son œuvre : valoriser le travail des artistes tout en rendant l’art accessible. 

  • 11 janvier 2024
  • Temps de lecture: 2-3 min
Véra Kempf, cofondatrice de Singulart
Véra Kempf, confondatrice de Singulart © Les Echos

Une galerie d’art, 100% en ligne. Singulart, marketplace internationale d'œuvres d’artistes contemporains créée en 2017, partage la recette de son succès : la digitalisation de l’art, qui « s’est accélérée à tous les niveaux » selon sa cofondatrice, Véra Kempf. Cet espace de vente mais aussi d'exposition, est aujourd'hui utilisé par des artistes (peintures, photographes, sculpteurs...) et des acheteurs du monde entier. Digitaliser l’art, pour le rendre plus accessible, et proposer aux artistes un accompagnement personnalisé permettant de faire valoir leur travail et dynamiser leur carrière : Big média et La French Touch acquiescent ! 

En 2020, l’intéressée que nous avions alors rencontrée avait vu les ventes d’œuvres via sa plateforme décoller, un effet inattendu du confinement. « Pendant cette période, l'art a eu un effet salvateur. Il aidait les gens à tenir, à s'évader, à réfléchir », estime-t-elle. Qu’en est-il aujourd’hui ? 

Galerie en ligne : une manière de rendre l’art plus accessible 

De nos jours, et du fait de l’avènement du numérique dans le secteur de l’art, il est concevable et même admis d’acheter une œuvre sans jamais l’avoir vue réellement. De ce fait, le passage par une boutique en ligne d’art contemporain s’illustre comme moyen de rendre l’art plus disponible pour ceux qui l’aiment, et d’établir un lien plus direct entre une œuvre et ses potentiels acheteurs. En effet, même pour une personne passionnée ou qui dispose d’un budget conséquent, « cela peut être très intimidant d’entrer une galerie d’art contemporain et ça peut représenter un frein à l’acquisition », selon la cofondatrice de Singulart. « On voit trop souvent à tort l’achat d’art comme une affaire d’experts, de collectionneurs très rôdés. Ce n’est pas forcément le cas, on peut tout simplement aimer ça et vouloir acheter une œuvre qui nous plaît. C’est ce que Singulart souhaite favoriser grâce à la vente de tableaux en ligne », poursuit-elle.  

Une facilité qui va de pair avec une connaissance accrue des clients, rendue possible grâce à la data, enfant béni du numérique également dans le secteur de l’art. « Grâce aux données récoltées, nous pouvons cibler de mieux en mieux les goûts artistiques des visiteurs de notre marketplace, tout en diversifiant ce que nous leur proposons », explique Véra Kempf. 

Mais dans un marché faisant appel à la sensibilité artistique, le digital ne fait pas tout. La startup mise également sur le dialogue avec ses clients. Dès ses débuts, le recrutement de collaborateurs polyglottes était indispensable au vu de la dimension internationale du projet, et des ambitions de celle qui l’a co-fondé. « Acquérir une œuvre d’art est un achat émotionnel, et choisir une œuvre n’est pas toujours une chose aisée. Il est important que l’acheteur puisse parler dans sa langue maternelle », nous explique l’entrepreneure. 

Le numérique au service des artistes et des passionnés d’art 

Singulart, un tremplin pour la carrière d’artistes émergents ? Oui, mais pas uniquement. Aujourd’hui, peu d’artistes renommés réussissent une carrière internationale. Pour eux et pour les moins confirmés, la difficulté à se vendre et la méconnaissance des spécificités du marché empêchent souvent de franchir certains caps, comme percer hors de leurs frontières. Les initiatives de l’ambassadrice de la French Touch visent donc à faire connaître – et faire vendre - le travail d’artistes fraîchement arrivés sur le marché, ainsi que de mettre en avant l’œuvre de ceux dont la carrière est plus aboutie (la boutique d’art en ligne propose par exemple le travail de la peintre et dessinatrice Patricia Blondel, du peintre Benoît Guérin). « Nous nous adressons via Balthasart aux artistes amateurs souhaitant se professionnaliser, chacun est suivi d’un business developer, qui aide à fixer ses prix, à négocier. Nous œuvrons aussi à faire valoir les œuvres d’artistes établis, disposant d’une reconnaissance institutionnelle, auprès de clients en recherche d’exclusivité et d’un accompagnement personnalisé dans un esprit plus haut de gamme », détaille Véra Kempf. 

 

A l’heure de l’intelligence artificielle générative, de la reproductibilité et des enjeux soulevés sur les questions de création et de propriété intellectuelle, un besoin d’authenticité dans le secteur de l’art et d’une vraie reconnaissance du travail des artistes semblent d’autant plus essentiels, selon la créatrice de la marketplace. Quant à l’effet salvateur de l’art, il est toujours d’actualité : « Quelles que soient les crises que nous traversons, nous sommes sensibles à voir de la beauté au quotidien ». 

Jean baptiste Ganga
Jean Baptiste GANGA Rédacteur web