5 choses que vous ignorez peut-être sur les NFT

Autant décriés qu’adulés, les NFT, ces certificats d’authenticité numérique, n’en finissent pas de faire parler d’eux. Entre sa démocratisation dans l’industrie musicale française par le rappeur Booba et la récente annonce de soutien et de développement du secteur par le Gouvernement français, retour sur cinq infos qui vous ont peut-être échappés sur les NFT !  

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Plus d’un Français sur 30 a déjà acheté des NFT, selon un récent sondage de l'Ifop pour Cointribune. Et parmi les 18-24 ans, une personne sur deux en a déjà entendu parler. Si aujourd’hui ces trois petites consonnes sont sur toutes les lèvres, nombre d’afficionados comme de néophytes n’ont pas connaissance de certaines briques de leur histoire. Retour sur cinq d’entre elles. 

1/ Tout a commencé… avec des chats ! 

Si des formes de NFT ont commencé à circuler... dès 2014, c’est grâce au phénomène CryptoKitties que les Non-Fungible Token (NFT) se développent massivement. Ce jeu lancé en décembre 2017 propose de collectionner des chats uniques sur la blockchain et de les accoupler pour créer de nouveaux petits félins, héritant alors des caractéristiques de leurs parents. Chaque animal peu y être vendu ou négocié en échange d'Ether, la cryptomonnaie native de la blockchain Ethereum.  

En mai 2018, l’un de ces chats virtuels a même été acheté aux enchères pour 140 000 dollars par Igor Barinov, un politique russe.  

2/ Le rappeur Booba a été le premier artiste français à démocratiser les NFT dans l’industrie musicale 

En 2021, l’artiste Booba, très engagé dans le secteur des cryptomonnaies, a mis en vente cinq cartes numériques donnant accès à son dernier titre en date : « TN ». Chaque objet virtuel a été édité en 5 000 exemplaires, soit un total de 25 000 NFT. Toute personne étant en possession d'au moins un jeton numérique a pu accéder en exclusivité, à partir du 8 novembre 2021 à 18 heures, au morceau «TN» ainsi qu’au clip de la chanson. Le 6 novembre, sur son compte Twitter, le rappeur français a annoncé que l’intégralité des 25 000 NFT avait été vendue et cela deux jours avant la fin de la vente. Chaque carte numérique a été vendue au prix de 0,006 Ethers (ETH), soit un chiffre d’affaires de 150 ETH (564 000 euros au cours actuel). 

3/ Un NFT de part de pizza a été vendu 8 824 dollars 

Chaque objet du quotidien peut être dématérialisé sous forme de NFT, même une part de pizza ! En mars 2021, l’enseigne américaine de restauration rapide Pizza Hut a décidé d’investir la plateforme Rarible en commercialisant des parts de pizza numériques dans le but de promouvoir quatre de ses nouvelles pizzas. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles se sont écoulées comme des petits pains ! Initialement vendue pour 0,0001 ETH, soit environ 18 cents, une des parts a été rapidement remise sur le marché pour 5 ETH soit 8 824,07 dollars. 

4/ En octobre 2022, Paris a ouvert son premier centre dédié aux NFT 

Situé juste en face du centre national d’art et de culture Georges-Pompidou, au cœur de Paris, la NFT Factory regroupe sur près de 400 m2 l’écosystème français des NFT. Galerie d’art, atelier pédagogique permettant aux particuliers d’acheter des NFT, espace de networking pour les professionnels du secteur, ce lieu propose également des événements tels que des tables rondes sur le crypto-art, des débats sur la régulation et l’entrepreneuriat, et même un "Crypto Comedy Club". L’objectif : créer de l'émulation sur ce marché naissant.  "Avec les acteurs mondiaux de la culture, des jeux vidéo et de l'industrie du luxe, la France a tous les atouts pour devenir une plateforme européenne et mondiale des NFT. Il faut que l'on accompagne ce mouvement avec le soutien de l'argent public, dans le cadre de France 2030", a expliqué le ministre délégué à la Transition numérique Jean-Noël Barrot lors de l'inauguration de la NFT Factory en octobre 2022. 

5/ La consommation énergétique d’un seul NFT serait de 340 kWh, soit la consommation d’électricité mensuelle d’un citoyen européen 

Pour comprendre pourquoi les NFT sont polluants, il faut revenir en amont de la “chaine”. Lorsque vous décidez de créer un NFT, qu’il s’agisse d’un texte, d’une création graphique ou même d’une vidéo, vous allez dans un premier temps faire appel à des outils de création digitaux tels que Photoshop ou Illustrator par exemple. Une fois le support créée, il faudra l’héberger de manière décentralisée et dématérialisée sur le web, et pour finir, exécuter un smart contract (contrat qui s’appuie sur la technologie Blockchain pour rendre infalsifiables leurs termes et les conditions de leurs exécutions) pour pouvoir le déployer sur une blockchain comme Ethereum ou Solana.  
C’est via ce type de plateforme que votre NFT pourra ensuite être commercialisé grâce à l’usage de cryptomonnaies, une monnaie virtuelle qui a un lourd impact environnemental. Produire un Bitcoin nécessite l’utilisation d’ordinateurs très puissants et surtout très gourmands en électricité. Selon une étude publiée par l’université de Cambridge, l’écosystème du Bitcoin représenterait 127 TWh en glissement annuel, soit plus que la consommation de la Norvège ou de l’Argentine. 
 
S’ajoute à cela la technologie NFT en elle-même. En effet, les serveurs permettant d’héberger les œuvres ainsi que les technologies nécessaires aux enchères ont elles aussi un lourd impact qu'il est encore difficile d'estimer avec précision. Selon l’artiste et ingénieur Memo Akten, la consommation énergétique d’un seul NFT serait de 340 kWh, soit la consommation d’électricité mensuelle d’un citoyen européen. 

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Mélanie Bruxer Rédactrice web