Santé féminine : Claripharm démocratise le distributeur de protections périodiques en entreprise

Spécialiste de la santé intime de la femme, Claripharm propose aux entreprises et établissements scolaires des distributeurs de protections périodiques. Jusqu’à présent relayés à la sphère privée, les dispositifs autour des règles font progressivement leur entrée dans la sphère professionnelle et institutionnelle.  

  • 26 août 2022
  • Temps de lecture: 2-3 min
femtech

Papier toilette, protection périodique : même combat. « Avant que le papier toilette ne se démocratise en entreprise dans les années 60, on faisait sans… mais aujourd’hui, s’en priver ou ne pas y avoir accès serait une aberration pour la dignité humaine ! », avance Clarisse Le Court, fondatrice et CTO du laboratoire Claripharm, lorsqu’elle doit convaincre les dirigeants ou leurs responsables RSE du nécessaire de donner accès à des protections menstruelles gratuites.  

A la fois tabou social et enjeu de santé publique, les règles font partie de ces sujets qu’il est encore difficile d’aborder en dehors de son cercle de proches, bien qu’il concerne (ou ait concerné) la moitié de la population. Coût important des protections, arrivée impromptue, embarras fréquent : Clarisse Le Court, imagine un distributeur qui permet de surmonter ces obstacles en luttant contre la précarité menstruelle. 

Une « société à mission » qui s’engage à bâtir un pôle confiance en santé de la femme

Bénéficiant depuis quelques années de la libération de la parole impulsée par le mouvement MeToo puis par le « body positivisme » (l’acceptation de soi), les règles sont évoquées de plus en plus ouvertement et de manière moins édulcorée dans les médias. Mais dans le milieu professionnel, c’est une autre histoire à laquelle Claripharm propose sa version.  
Créé en 2013 par la bretonne Clarisse Le Court, le laboratoire offre une gamme complète de produits autour des règles, distribués dans près de 30 pays. Désormais « société à mission », l’entreprise s’engage à bâtir avec éthique et respect environnemental un pôle confiance en santé de la femme. Notamment en axant une partie de sa démarche sur l’accompagnement et les explications liées à ses dispositifs, comme celui du distributeur de protections périodiques.   

Pourtant, tous n’adhèrent pas à son discours, bien que des esprits réceptifs émergent parfois de manière inattendue dans des secteurs à forte représentation masculine, comme c’est le cas dans la concession automobile Bodemer. Alain Daher, son président, a décidé d’équiper de distributeurs Claripharm, les toilettes féminines réservées au personnel de ses 48 sites. Sur un total de 1 450 collaborateurs, le groupe compte 240 collaboratrices, mais c’est à la notion de coût des protections que le chef d’entreprise à tout particulièrement été sensible. « Nous comptons plusieurs jeunes collaboratrices en alternance, stage ou en premier emploi et j’ai conscience du coût important que peuvent représenter les protections périodiques », explique-t-il. « Je me rends compte que le distributeur est tout particulièrement utile dans le contexte très masculin dans lequel nous travaillons, lorsque les règles arrivent de manière inattendue, qu’elles provoquent des moments inconfortables au travail et qu’il est compliqué d’en parler à ses collègues masculins. » 

Un sujet de santé publique à part entière  

Ainsi, Claripharm propose aux entreprises des distributeurs disposant de deux solutions de rechargement : des serviettes hygiéniques 100 % bio ou des serviettes en voile de coton bio made in France. « Le made in France et la réduction des perturbateurs endocriniens sont des priorités pour les dispositifs médicaux que nous développons », insiste Clarisse Le Court. Dans un souci de santé publique, la fondatrice de Claripharm n’est d’ailleurs pas favorable à la mise en libre accès sans accompagnement de tampons dans ses distributeurs. « Le risque de choc toxique [développement parfois mortel de staphylocoque pouvant survenir suite à une utilisation peu hygiénique de dispositifs vaginaux] est trop important si on n’explique pas aux jeunes femmes qu’il faut bien se laver les mains avant d’insérer son tampon et qu’il ne faut pas garder sa protection interne plus de 6h », ajoute-t-elle.  

Engagé contre la précarité menstruelle, Claripharm travaille également avec des institutions aussi diverses que l’ONU, pour laquelle elle fournit des coupes menstruelles en zones de guerre, l’association « Règles élémentaires » ou encore, des établissements scolaires et entreprises de plus en plus sensibles au confort intime féminin. « Les règles concernent toutes les femmes dans tous les contextes de leur vie, notamment sur leur lieu de travail ou d’études », explique Clarisse Le Court. Dans un contexte de baisse du pouvoir d’achat et de nouveaux appels d’offres publics, les distributeurs de protections périodiques s’installent progressivement dans le Grand Ouest, d’abord en établissements scolaires mais également dans les entreprises qui ont vocation à devenir l’une des priorités de Claripharm.  

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