La Scourtinerie, un savoir-faire français qui innove depuis 140 ans 

Gardienne du savoir-faire unique en France du tissage de scourtins, un filtre permettant d'extraire l'huile d'olive, La Scourtinerie passe de génération en génération depuis 1882. Implantée dans la Drôme provençale, c’est depuis toujours grâce à l’innovation que l’entreprise perdure. Portrait.  

  • 24 octobre 2022
  • Temps de lecture: 2 min
artisanat

Une histoire qui se tisse, de “fibre en aiguille”, depuis plus de 140 ans. En 1956, alors que La Scourtinerie connait un développement prospère depuis sa création en 1882, deux événements majeurs changent le cours de l'histoire de l’entreprise. Le premier à lieu en février 1956 lorsqu’un épisode de gel ravage toute la Provence. Du jour au lendemain, la quasi-totalité des moulins ferme. Parallèlement, la tension monte en Algérie, et entraine l’arrêt des échanges avec les moulins locaux, de très gros clients de la Scourtinerie. 
L’histoire de l’entreprise aurait pu s’arrêter là. « Mon arrière-grand-père George remarque alors que dans la tradition provençale, les personnes récupèrent les anciens scourtins pour en faire des paillassons », explique Sophie Villeneuve-Fert, responsable des ventes. Il commence alors à transformer les scourtins destinés à l’huilerie en dessous de plat, tapis et paillassons tout en utilisant les mêmes machines et crée la marque le « Scourtin de Provence ». Le succès est au-rendez-vous et l’entreprise bénéficie même d’un coup de pub inattendu grâce au film « Mon oncle » de Jacques Tati dont la maison est décorée par des scourtins en guise de paillassons. En 1979, Alain Fert, petit-fils de Ferdinand et de Marie Fert crée une boutique de vente.  

Innover mais toujours maintenir une fabrication artisanale  

Depuis ses 12 ans, Sophie Villeneuve-Fert sait se servir des machines de l’atelier dont la plus ancienne, toujours en activité, fonctionne depuis 1900. A son arrivée, elle a modernisé l’entreprise en mettant en place un site internet et un logiciel de comptabilité, et en créant et alimentant des comptes sur les réseaux sociaux. Touche à tout, elle gère aujourd’hui toute la partie informatique et le réassort des produits, participe au choix des design et des couleurs, se rend régulièrement en Inde, d’où est issue la fibre de noix de coco, pour choisir de nouveaux modèles et vérifier la qualité des matériaux. Elle assure aussi les visites de l’atelier et consacre la moitié de son temps à tisser auprès de sa mère et de deux employés.  

Et comme l'innovation court dans la famille, Arnaud Fert, 4e génération, et père de Sophie, crée en 2017 des ombrières tissées en fibre de coco laissant passer l'air. Elles rencontrent un vif succès et permet aujourd’hui d’employer un peu moins de 10 employés. « L’engouement du Made in France et notre exposition dans les médias font que nous sommes très sollicités. Nous avons en début d’année lancé la vente en ligne des ombrières en coco et nous poursuivons le recrutement pour cette activité ! », confie Sophie Villeneuve-Fert dont le projet, pour ce qui concerne la production de scourtins, est de reproduire cette année la machine de 1900 pour en avoir deux et embaucher une nouvelle personne.  

Soucieuse de maintenir une production artisanale et de respecter un savoir-faire unique en France, l’entreprise familiale assume les délais d’attente entre un mois et un mois et demi parfaitement acceptés par une clientèle française et internationale. « Le label Entreprise du Patrimoine Vivant nous protège en gratifiant l’activité » reconnaît Sophie Villeneuve-Fert. Aujourd’hui, la Scourtinerie réalise un chiffre d’affaires d’environ 1,2 millions d’euros avec en plus de sa propre boutique, 30 revendeurs en France.  

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