Production audiovisuelle : les régions se mobilisent pour renforcer l'attractivité de leur territoire

Chaque année, les collectivités territoriales françaises participent au financement et accompagnent la production de plusieurs centaines de films et séries. Focus sur les enjeux de la production audiovisuelle en région. 

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Production audiovisuelle : les régions se mobilisent pour renforcer l'attractivité de leur territoire

Quel est le point commun entre « Le chant du loup », primé aux Césars, « Les Amours d’Anaïs », qui a fait l’ouverture de la Semaine de la Critique à Cannes, et le film d’animation « Flee », nominé 3 fois aux Oscars ? Ils ont tous été en partie financés par les régions Pays de la Loire ou Bretagne. Depuis des décennies, les collectivités territoriales françaises se mobilisent pour financer et accompagner la filière audiovisuelle. En 2021, Les Pays de la Loire ont soutenu la production de 59 projets et ont accueilli 19 réalisations de fictions pour un total de 216 journées de tournage. La Bretagne a, quant à elle, accompagné 124 projets de films en tout genre. Isabelle Leroy, vice-présidente de la région Pays de la Loire en charge de la culture et Anne-Cécile Rolland, cheffe de projet fiction longue pour le FACCA (Fonds d’Aide à la Création Cinématographique et Audiovisuelle) de la Bretagne nous parlent du secteur et du rôle que les régions jouent dans la production cinématographique française.  

Générer des retombées économiques et pérenniser les emplois  

En 2021, la région Pays de la Loire, avec l’ambition de devenir « Terre de cinéma », a investi 1,6 million d’euros dans la production d’une soixantaine de films et séries. Cela a permis au territoire de recueillir 4,2 millions d’euros de retombées, d’après Isabelle Leroy, vice-présidente de la région en charge de la culture. « Lorsqu’on accueille un tournage, les acteurs, personnels, techniciens sont logés et se nourrissent sur place. C’est de l’argent directement injecté dans l’économie locale. » Ce qui explique que les caisses de la région se portent bien. Pour Anne-Cécile Rolland, chargée de mission long-métrage en Bretagne, c’est surtout la mise en avant, et à disposition, de la main d’œuvre locale qui compte. « La Bretagne a la chance de compter de nombreux techniciens et sociétés de production avec de larges gammes de compétences. », confie-t-elle. 

Si la rentabilité du projet et l’intérêt pour le territoire sont étudiés par des commissions d’experts dans les différentes régions et collectivités, la faisabilité et la viabilité des dossiers sont également regardés afin de choisir les projets qui seront soutenus. « Nous sommes de plus en plus sollicités. En 2021, nous avons reçu 293 dossiers. Les comités d’experts ont dû en choisir 59 en fonction de la qualité du projet, sa faisabilité et l’intérêt pour le territoire. », témoigne la vice-présidente de la région Pays de la Loire en charge de la culture. « 191 projets de films de tous genres confondus (publicité, clip, série TV, documentaire, court et long-métrage…) ont sollicité en 2020 le bureau d’Accueil des tournages de Bretagne. 124 films de créations, dont 29 long-métrages, ont été retenus par les comités d’experts et votés en commission permanente, avec pour certains la condition sine qua non que le tournage génère a minima 160 % de retombées sur le territoire. », affirme quant à elle Anne-Cécile Rolland. 

Simplifier l'organisation des tournages 

Afin de subvenir à cette demande grandissante, la région Pays de la Loire a revalorisé le montant de son Fonds d’aide à la création cinématographique en passant son budget initial de 2,3 millions d’euros à plus de 3 millions pour l’année à venir. Ce dispositif qui a vu le jour dans les années 80 a accompagné depuis des milliers de productions. Par le biais de ce fonds, la région intervient à hauteur de 50 % dans le financement de court-métrages et peut aller jusqu’à 15 % pour des long-métrages. Dans le même objectif, la Bretagne a augmenté ses plafonds d’aides, et son budget dépasse les 4 millions d’euros. « En fonction des projets, la région peut soutenir jusqu’à 20 % du budget des long-métrages. Pour des très gros projets, nous intervenons dans la limite du possible. Notre soutien est par exemple bien moindre pour le soutien aux deux films Les Trois Mousquetaires : D’Artagnan et Milady qui sortiront en 2023. », raconte Anne-Cécile Rolland, chargée du FACCA.  

Avec le temps, les régions ont compris l’importance d’apporter une aide plus large à la filière. Les Pays de la Loire ont concrétisé cette prise de conscience dans les années 2000 en créant le Bureau d’accueil des tournages qui a pour vocation de simplifier l’organisation de ces derniers. « Au-delà de la dimension financière, c’est important pour nous d’être présents aux côtés des équipes, en les aidant lors des repérages, en optimisant leur production et en leur proposant des aides techniques et artistiques. Nous nous tenons aux cotés de toute la filière en soutenant également les festivals de la région et une quarantaine de temps forts autour du cinéma. », déclare la vice-présidente de la région Pays de la Loire.  

Julie Lepretre

Julie Lepretre

Rédactrice web