De SP Métal à Sphère, John Persenda raconte l'histoire d'une transition écologique

Fondé en 1976 par John Persenda, Sphère est un groupe familial, leader des emballages ménagers. Retour sur l’histoire d'une entreprise, marquée par le consumérisme des années 70 et des prises de conscience de son dirigeant.  

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De SP Métal à Sphère, John Persenda raconte l'histoire d'une transition écologique

« Le plastique, c’est ce qui a fait toute ma vie », a déclaré John Persenda, le fondateur de Sphère, l’un des premiers producteurs mondiaux de matériaux biosourcés et compostables. L’ingénieur chimiste a démarré sa carrière au CEA (Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies) en travaillant sur la bombe atomique, avant de rejoindre la multinationale Shell, pour finalement créer sa start-up, SP Métal, avec quatre autres personnes. Aujourd’hui, l’entreprise devenue Sphère compte 1 500 collaborateurs, 16 usines en Europe de l’ouest et peut se targuer d’être devenue le leader européen de l’emballage ménager.  

« Le plastique, j’ai été pour, puis avec, et enfin contre », avoue le fondateur de Sphère sur la scène du Bang. Lorsqu’il fonde SP Métal, juste après les émeutes de mai 68, l’heure est au consumérisme. « À cette époque, nous avons développé notre entreprise afin de faciliter la vie de nos clients », déclare l’homme d’affaires. Sont alors à la mode les emballages à usage unique et tout type de produits non recyclables. 

« Mes collaborateurs ont eu peur, mais pour moi, c’était l’avenir » 

Alors qu’il se rend au nord de Chypre, John Persenda découvre des paysages sauvages à couper le souffle. « Mais, le lendemain matin, je me réveille à 8 heures et je vois la plage entièrement recouverte de déchets. Un homme est venu la nettoyer. Elle est alors redevenue comme la veille, avant la vague de pollution du lendemain matin », témoigne l’entrepreneur. Cette expérience agit sur lui comme un électrochoc, le poussant à faire évoluer le modèle de son entreprise. « Je me suis dit que nous devions nous tourner vers une autre solution », assure-t-il.  

Par un hasard fortuit, ou un heureux destin, John Persenda rencontre quelques semaines plus tard un docteur travaillent au sein de l’entreprise Biotech venant lui proposer des matériaux biosourcés à base de fécule de pomme de terre. « Je lui réponds que ça ne m’intéresse pas, que je veux racheter leur société. » Alors que les collaborateurs du groupe SP Métal sont frileux quant au virage écologique que prend l’entreprise, l’homme d’affaires est sûr de son pari. « Mes collaborateurs ont eu peur car c’est un marché qui n’existait pas alors, mais pour moi c’était l’avenir », témoigne-t-il. Quelques mises au point sont nécessaires afin de faire comprendre aux nouveaux chercheurs, ayant rejoint les rangs de Sphère, que l’entreprise doit maintenant développer des produits en plus de leur activité de recherche. « Le plastique met lettre siècles à se dégrader alors que nous avions sous les yeux des matières végétales qui se compostent et se dégradent en cinq, six mois », déclare John Persenda. « Nous avons alors sorti nos premiers sacs biosourcés et compostables et l’entreprise est devenue Sphère. » 

Aujourd’hui, le groupe commercialise de nombreux produits dont des emballages ménagers, des capsules pharmaceutiques et de café, des pots de fleurs et des films étirables à base de fécule de pomme de terre, tous compostables. 

Julie Lepretre
Julie Lepretre Rédactrice web