4 conseils pour savoir comment bien gérer sa rémunération

Delphine Lefetz, experte en création d’entreprise chez Bpifrance Création, partage quatre conseils pour apprendre à bien gérer sa rémunération en tant qu’entrepreneur. 

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Delphine Lefetz

 « Il est évident que chaque entrepreneur souhaite vivre à court, moyen et long terme de son activité professionnelle », rappelle Delphine Lefetz. Pour cela, il est nécessaire de gérer au mieux ses revenus et dépenses, qu’ils soient professionnels ou personnels. Mais entre le chiffre d’affaires, le financement de son entreprise, la trésorerie, la rémunération et les comptes professionnel ou privé, il est parfois dur de s’y retrouver. Pour Big Média, l’experte Bpifrance Création, Delphine Lefetz, partage quatre conseils pour apprendre à bien gérer sa rémunération en tant qu’entrepreneur.   

1. Se poser les bonnes questions pour définir ses besoins 

« Malheureusement les entrepreneurs ne peuvent pas tous se verser un salaire dès le début de leur activité, bien qu’un grand nombre d’entre eux y arrive tout de même, explique l’experte. L’urgence de se payer dépend de la situation dans laquelle se trouve l’entrepreneur. »  

Avant de se lancer, le porteur de projet doit donc résolument se poser les bonnes questions pour anticiper au mieux sa création et sa propre rémunération. « Il faut établir son budget, celui de son ménage et connaitre ses besoins personnels afin de facturer suffisamment pour couvrir ses charges », détaille Delphine Lefetz. Pour subvenir à ces besoins le temps que le business soit lancé et se développe, l’experte Bpifrance Création souligne l’importance de prévoir en amont les ressources financières nécessaires. « Je conseille également de ne pas brûler les étapes et de se faire accompagner sur les aspects financiers. Une fois que l’entreprise est lancée, il est également nécessaire de suivre sa trésorerie ainsi que les différents indicateurs », ajoute-t-elle. Pour cela, de nombreux logiciels de facturation proposent des outils et les experts comptables sont également aux côtés des entrepreneurs pour assurer leur viabilité.  

2. Ne pas confondre chiffre d’affaires, résultat, et rémunération 

Une fois les besoins définis, il est important de faire la différence entre son chiffre d’affaires (CA), son résultat et ce que l’on peut se verser. « La rémunération dépendra du chiffre d’affaires duquel seront déduits les charges sociales et fiscales, le coût des marchandises, les frais de fonctionnement, le loyer ainsi que toutes les charges fixes et variables. Il est important de ne pas confondre chiffre d’affaires, résultat et salaire », recommande Delphine Lefetz. Si l’entrepreneur détient l’avantage de fixer librement sa rémunération, il ne doit tout de même pas perdre de vue l’ensemble des charges inhérentes à son activité. « Il faudrait même, idéalement, qu’une partie du chiffre d’affaires restant soit mis en réserve pour des périodes d’activité plus calme, plus tendue ou pour gérer les imprévus », ajoute l’experte.  

Une subtilité existe du côté des entreprises à capital telles que les SARL, SA (société anonyme) ou encore SAS (Société à actions simplifiée). « Le salaire potentiel dépendra de la trésorerie nette restante de l’entreprise mais aussi et surtout du régime choisi par l’entrepreneur, qui impactera forcément le montant des cotisations sociales. Par exemple, s’il est travailleur salarié ou travailleur non salarié », ajoute Delphine Lefetz. 

3. Bien s’organiser pour faciliter la facturation des clients et générer rapidement du CA 

S’il est monnaie courante de ne pas se verser de salaire la première année, cela ne se révèle pas toujours problématique. En effet, une grande partie des entrepreneurs bénéficient, sur cette période, d’une prise en charge par Pôle Emploi avec le versement de leur aide pour le retour à l’emploi. 

Passées ces aides, la capacité à se verser un salaire rapidement dépend de la rentabilité de l’activité et de la capacité de l’entreprise à facturer ses clients. « Il n’est pas rare de voir les entrepreneurs se payer dès leur immatriculation, notamment lorsque le projet a été bien préparé », commente l’experte. Il est donc primordial d’avoir établi un business plan solide permettant de rencontrer au plus vite son marché. « Certains créateurs qui quittent leur poste bénéficient déjà de leur clientèle. Si le projet est bien préparé, ils sont aptes à les facturer », ajoute-t-elle. 

4. Ouvrir un compte dédié pour son activité (qu’il soit professionnel ou personnel) 

Qu’il soit professionnel ou non, il est primordial d’ouvrir un compte bancaire dédié à son activité. « En premier lieu il convient de faire la distinction entre les comptes professionnel et personnel », argumente Delphine Lefetz. Si le compte professionnel s’adresse aux entreprises, aux personnes morales, les auto-entrepreneurs peuvent également y prétendre. D’un autre coté le compte personnel est destiné aux particuliers, aux personnes physiques.  

« A partir de cette définition, le compte bancaire choisi dépendra surtout de la forme juridique de l’entreprise créée, déclare l’experte Bpifrance Création. Toutes les entreprises à capitaux ont l’obligation d’ouvrir un compte professionnel pour déposer leur capital social qui leur permet de se faire immatriculer. » De leur côté, les entreprises individuelles (EI), sont exemptées de cette obligation. Quant aux micro-entreprises, elles sont obligées depuis la loi PACTE de 2019 d’ouvrir un compte bancaire dédié à leur activité (qu’il soit professionnel ou personnel) lorsque leur CA dépasse 10 000 euros pendant deux années consécutives. En dessous, elles peuvent conserver un seul et unique compte. Cependant, certaines activités sont également tenues à l'obligation d'un compte professionnel, il est conseillé de se renseigner au préalable auprès de la branche d'activité ou d'une chambre consulaire. « Malgré tout, je conseille toujours de séparer le travail et le personnel. Ça offre une facilité de gestion et un enregistrement clair des transactions et dépenses professionnelles permettant d’éviter la confusion entre les deux entités, ajoute Delphine Lefetz. Aujourd’hui il est facile d’ouvrir un compte bancaire en ligne sans même se déplacer ou prendre rendez-vous. Cela ne doit pas être un frein pour un entrepreneur. » 

 

 

Julie Lepretre
Julie Lepretre Rédactrice web