Ce que nous apprend le Baromètre Renaissance Industrielle sur la réindustrialisation de la France

À l’heure de la réindustrialisation, focus sur le Baromètre Renaissance Industrielle, réalisé par la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale en partenariat avec la Banque des Territoires et Bpifrance. 

  • 29 novembre 2023
  • Temps de lecture: 2-3 min
Soirée lancement baromètre industrie
Soirée de lancement du baromètre Renaissance Industrielle à l'hôtel de l'industrie

Avec un solde positif de création d’emplois dans l’industrie depuis 2017, la période à venir s’annonce prometteuse et laisse présager une véritable renaissance des territoires d’industrie. Alors que 2020 a été une année noire pour l’industrie française, une prise de conscience générale a tout de même germé en même temps que des discours plus profonds. La renaissance industrielle a alors commencé, suscitant des efforts de la part des pouvoirs publics, des industriels et la société dans son ensemble.  

Depuis quelques années maintenant, la France redevient un territoire attractif pour les investisseurs français et étrangers. On remarque une envie forte de refaire de la France une grande nation industrielle. Néanmoins, si les signaux sont positifs, il est encore trop tôt pour affirmer que le déclin marqué par des décennies de désindustrialisation est derrière nous.  

Des décennies de désindustrialisation et une crise sanitaire qui marquent un tournant décisif 

C’est à partir de 1972 que l’on observe une baisse drastique de la part de l’industrie française dans le PIB. Pendant près de 50 ans, les chiffres n’ont cessé de chuter, pour atteindre 9 % en 2020, contre 19 % en 1972. De son côté, l’évolution des emplois dans l’industrie manufacturière reste probablement le marqueur le plus parlant de la désindustrialisation. En effet, la part d’emplois industriels représentait 37,4 % en 1982, contre 13,3 % en 2020. Si certains territoires ont réussi à compenser la destruction d’emplois par de nouvelles activités ou une automatisation de leur production, d’autres se sont retrouvés durablement dans une situation de crise économique. La fermeture de nombreux sites industriels a provoqué une perte de compétences et de savoir-faire, clés pour la renaissance industrielle.  

Graphique PIB Industrie

L’année 2020 marque pourtant un tournant dans la grande désindustrialisation qui secoue la France depuis les années 1870. La crise sanitaire du Covid-19 entraine des interruptions temporaires de production et les défis d’approvisionnement ont déstabilisé davantage le secteur. Pourtant, le constat de la fragilité des capacités de production nationale et la forte dépendance aux approvisionnements étrangers (notamment chinois) provoquent un véritable électrochoc. L’industrie apparait alors comme un déterminant stratégique, garant de la résilience économique. La crise a permis une nouvelle lecture des ambitions de la France et du rôle de l’industrie dans une économie mondialisée. Ainsi, réindustrialisation, relocalisation et souveraineté sont devenues des sujets centraux dans les discussions à tous les niveaux de la société.  

Le véritable tournant de la réindustrialisation en 2022 

Il faut cependant attendre 2022 pour observer une véritable évolution dans la relocalisation française et la réindustrialisation, amorcées en 2017. Cette année est d’ailleurs la première depuis plus de 5 ans à enregistrer un nombre de créations d’usines égal à celui des fermetures. Cette dynamique se poursuit pour atteindre son pic en 2021 avec 183 usines créées contre 59 fermées. Il s’agit du chiffre le plus bas enregistré depuis plus de 10 ans. Ces nouveaux sites ont entrainé la création d’emplois sur le territoire. Cette tendance, qui se poursuit encore à l’heure actuelle, favorise le développement des entreprises existantes et des startups industrielles, tout en attirant des investisseurs étrangers.  

Résultat : les entreprises françaises sont nombreuses à rapatrier leur production, revitalisant l’industrie locale, favorisant les circuits courts, mettant en avant l’expertise française et maitrisant ainsi la chaîne et les coûts de production. Le mouvement est bien entendu soutenu par le gouvernement, avec notamment le plan France Relance qui a appuyé près de 800 projets et généré près de 4 000 emplois. De son côté, le plan France 2030 vise à renforcer la compétitivité industrielle et à promouvoir les technologies du futur. Ainsi, les startups industrielles françaises ont enregistré une accélération de leur développement, levant plus de 3,78 milliards d’euros en 2022. Plus de 70 nouveaux sites industriels ont été créés par des startups, PME ou ETI, dynamisant ainsi les régions.  

À suivre : « L’industrie se transforme et se modernise », la suite du baromètre Renaissance Industrielle

Julie Lepretre
Julie Lepretre Rédactrice web