Avec anod, l’industrie française du vélo hybride gagne du (tout) terrain

Fraîchement débarquée sur le marché du deux-roues, la start-up vendéenne anod propose un vélo hybride électrique avec ou sans batterie. Une première en France. Le CEO, Arnaud Malrin, revient sur les étapes de lancement et de financement d’une start-up industrielle qui fait le choix du Fabriqué en France. 

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Photo équipe Anod
© anod - Equipe

12 %. C'est l'augmentation des ventes de vélo à assistance électrique (VAE) en 2022, selon l’Union Sport & Cycle. Un chiffre conséquent provoqué par la hausse du nombre de cyclistes dans l’Hexagone, à mi-chemin entre conscience écologique & bonus de l’Etat sur l’achat de vélos neufs. De fait, ce sont près de 10 millions de bicyclettes qui ont été acquises par les Français ces cinq dernières années.  

Un marché du deux-roues porteur dont le vélo électrique, véritable maillon de la chaîne de la mobilité urbaine, tire son épingle du jeu. Entre volonté d’innovation et enjeux de fabrication en France, les acteurs sont toujours plus nombreux à se positionner sur ce secteur, compatible avec les enjeux d’un développement plus durable. C’est le cas de la start-up industrielle anod, qui vient de lancer son premier modèle de vélo hybride électrique, « ayant nécessité sept ans de recherche et développement », d’après son fondateur, Arnaud Malrin. Portrait. 

Développer une technologie de pointe en matière d’hybridation  

« Anod est le premier vélo hybride pouvant être utilisé avec ou sans batterie, mais toujours avec de l’assistance électrique », annonce d’emblée le CEO d’anod, Arnaud Malrin. Après huit années passées à évoluer dans le milieu de l’art comme courtier ou expert, ce multi-entrepreneur a fait le choix de s’orienter vers la Tech industrielle. Aux côtés d’un allié de taille en matière de connaissance industrielle, qui n’est autre que son père, Christophe Malrin, ils lancent anod en 2022 à la suite d’une rencontre déterminante avec Edgar Tournon. En fin de cursus d’ingénierie, ce spécialiste en électronique et système de stockage a entamé une thèse au sujet du vélo hybride. 

« Un véhicule hybride comprend plusieurs sources d’énergies », explique l’ingénieur. En s’appuyant sur ses travaux, la start-up s’oriente alors vers l’hybridation de son futur véhicule via la technologie des supercondensateurs. Fonctionnant à l’aluminium et au charbon, ils sont des gestionnaires intelligents et instantanés de l’énergie produite, sans besoin de batterie pour la stocker. « La meilleure analogie pour décrire notre vélo est la voiture hybride, on récupère l’énergie au freinage grâce aux supercondensateurs », détaille le CEO. Anod propose ainsi ses vélos à la prévente, et constitue en parallèle sa chaîne de production en France, malgré les défis que cela relève. 

Réussir à implanter sa start-up industrielle en France 

En pleine confection de ses produits suite à l’affluence de précommandes prévues pour le printemps 2024, la jeune pousse rencontre des challenges liés à la mise en place d’une production industrielle à grande échelle sur le territoire français. « La phase d’amorçage est compliquée pour une start-up industrielle. C’est seulement une fois lancée qu’on trouve des financements beaucoup plus facilement », confie Arnaud Malrin. Basée à Fontenay-le-Comte dans les Pays de la Loire, anod emploie aujourd’hui une douzaine de personnes, la plupart en recherche et développement. De la fabrication du moteur à l'électronique en passant par le système de stockage de l'énergie, la société fait ainsi le choix du 100 % Made in France

« On a choisi de mettre en place un modèle intégré très vertical, explique le fondateur. Aujourd’hui nous sommes les seuls à faire la conception, la fabrication et la vente de nos produits ». Un moyen de conserver un aperçu sur le bon développement du projet, de réduire les coûts écologiques, et de créer des emplois. « La force d’anod aujourd’hui, c’est la vision qu’a apportée Arnaud et les personnes dont il s’est entouré. Ce n’est pas chose facile de passer du labo à l’industrie », abonde Edgar Tournon, l’ingénieur en électronique dont les travaux de recherche ont permis à anod de voir le jour. La start-up industrielle ne compte pas s’arrêter là et envisage bien de devenir un véritable acteur référent des véhicules intermédiaires, en démultipliant l’usage de ses supercondensateurs. 

elc

Emma-Louise Chaudron

Rédactrice Web