L’Afrique du Nord comme rampe de lancement vers l’export et l’international

La proximité géographique de l’Afrique du Nord avec la France en fait un partenaire de premier plan pour les entreprises françaises. Mael M’Baye, responsable régional Afrique du Nord chez Bpifrance, partage à Big média les nombreuses particularités de cette région. 

  • 16 juin 2023
  • Temps de lecture: 2-3 min
afrique du nord

Avec un taux de croissance de 5 % en 2022, les pays d’Afrique du Nord présentent une économie stable depuis quelques années. Si la Banque mondiale prévoit une baisse de ce taux dû au contexte global d’inflation, la région reste un partenaire d’envergure pour les investisseurs et exportateurs français. Mael Mbaye, responsable régional Afrique du Nord, cite parmi les nombreuses raisons qui suscitent l’intérêt français, la maturité et la proximité. « Ce sont des marchés matures avec des besoins tout autres. Les acteurs locaux nous relatent qu’ils souhaitent se projeter sur des collaborations à haute valeur ajoutée ». Certains, qui paraissaient plus difficilement accessibles, à l’instar de la Mauritanie, facilitent de plus en plus les possibilités d’affaires sur place.  

L’industrie et l’énergie, les filières clés de l’Afrique du Nord 

Difficile de se faire une place sans réfléchir à des projets de long terme. C’est en effet ce qu’attendent les acteurs locaux. L’industrie représente une des premières filières stratégiques, sur fond de réindustrialisation et de capacité énergétique. « Le Maroc cherche à digitaliser son industrie, à la décarboner tout en optimisant sa consommation de son énergie », note Mael M’Baye. Sur l’énergie justement, le renouvelable devient depuis plusieurs années un sujet incontournable de la zone. Son climat en fait une zone propice au développement du solaire, mais également au stress hydrique. « L’environnement maghrébin partage des points communs avec la France en termes de contraintes sur ces thématiques. Cela représente des opportunités de collaboration concrètes et ambitieuses », développe le responsable régional. Il cite à nouveau l’industrie, mais également l’agri-agro et l’urbanisation parmi les secteurs concernés par ces défis. L’hydrogène vert se développe également dans la région. « Le Maroc est dans le top 5 mondial des potentiels leaders de la filière hydrogène vert ». Cette décarbonation avance en parallèle de la digitalisation croissante de l’industrie, positionnant ainsi le Maghreb comme hub pivot de la chaîne de valeur mondiale. 

L’Afrique du Nord, le hub d’accès aux autres régions du globe 

De par sa position entre l’Afrique, l’Europe et le Moyen Orient, l’Afrique du Nord se voit devenir un acteur central majeur. « La dynamique globale est celle d’un marché qui réinvente sa stratégie de hub vers les marchés internationaux », explique Mael M’Baye, responsable régional Afrique du Nord chez Bpifrance. « Les acteurs régionaux se positionnent comme un hub industriel entre l’Europe, l’Afrique et au-delà ». Cette ambition est d’autant plus vraie pour le Maroc, qui tend à attirer avec sa nouvelle charte d’investissement des entreprises et porteurs de projets à haute valeur ajoutée d’Europe, des Etats-Unis, d’Afrique et d’Asie. Se développer sur cette région nécessite alors une vraie réflexion sur le long terme pour projeter son développement aux zones alentours. « Les acteurs maghrébins priorisent aussi l’intégration et la création de richesse en local. Pour une entreprise française, il est primordial d’avoir sa filiale ici et de créer ce pont avec la maison mère dans l’Hexagone et le marché européen », ajoute le représentant de Bpifrance depuis Casablanca. Être sur place facilite d’autant plus la compréhension du terrain pour répondre au mieux aux attentes des potentiels partenaires. 

Le marché nord-africain continue d’attirer l’entrepreneuriat français 

« Les entreprises françaises continuent de venir ici. Entre 2010 et 2023, leur nombre au Maroc est passé de 480 à 1300 ». Mael M’Baye relève également l’intérêt croissant des entreprises pour la Lybie, avec le retour de grands comptes et ETI françaises. L’Algérie aussi facilite ses conditions réglementaires d’implantation avec des amendements au cadre des affaires. Dans le même temps, la Mauritanie devient également un partenaire privilégié, notamment pour répondre à ses besoins en infrastructures. Sur l’ensemble de la région, Les acteurs locaux mettent de plus en plus l’accent sur des partenariats en recherche et développement (R&D). « L’idéal est de proposer une solution qui n’existe pas encore, qu’aucun autre pays n’a déjà amené, et qui soit complémentaire avec celle sur le terrain », conseille le responsable régional. C’est ainsi qu’ID Carré, entreprise française implantée à Tanger, a par exemple séduit les partenaires marocains avec son expertise en chaudronnerie industrielle. « Depuis cette « plaque tournante du proche export », les entreprises françaises ont le choix de poursuive une stratégie à l’international classique avec une base solide. Mais elles peuvent également se réinventer avec une stratégie de déploiement régional par implantation ou investissement pour davantage bénéficier des dynamiques locales », conclut Mael M’Baye. 

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