Devenir une entreprise autogouvernée : l’exemple d’Enerfip

La plateforme de financement participatif montpelliéraine consacrée aux énergies renouvelables a été créée en 2014 sur le modèle de l’entreprise autogouvernée. En quoi consiste ce mode de management ? Comment le mettre en place ? Réponses avec Julien Hostache, directeur général d’Enerfip. 

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éolienne en mer

Donner aux salariés une capacité d’action équivalente à celle d’un entrepreneur. C’est avec ce leitmotiv que Julien Hostache co-fonde Enerfip en 2014. « Si on fait une analyse personnelle, on se rend compte que lorsqu’on nous laisse libre de prendre des initiatives et de proposer des idées, on s’épanouit et on apporte un plus au collectif.», constate le directeur général de la plateforme. Pour rendre cela possible les co-fondateurs ont décidé d’appliquer les principes de l’holacratie. Ce terme, formé à partir du mots grecs holos « tout » et de kratos  « pouvoir », désigne un mode de management horizontal où chaque salarié est autonome et décisionnaire.  

Organisé sur un schéma protéiforme, Enerfip est constitué de différents cercles ou unités évoluant de façon autonome. L’équipe d’un cercle travaille à une action, une thématique bien précise de l’entreprise, avec pour vigie un capitaine dont la mission consiste à maintenir la bonne direction et l’efficacité du groupe. A l’intérieur de l’unité, chacun assure un ou plusieurs rôles, gère son emploi du temps comme il le souhaite et est maître de ses actions . « Le cercle "investisseurs" a par exemple pour priorité d’assurer la communication et la levée des fonds de chaque collecte. Si ses membres respectent cette première mission, libre à eux de se lancer dans  une autre initiative.» Une fois par mois, les capitaines se retrouvent pour échanger sur leurs problématiques, leurs enjeux, leurs besoins. 

La communication comme clé du succès

Si un tchat d’entreprise permet d’échanger au quotidien, les équipes  participent chaque semaine à une « réunion action ». Chaque cercle y dresse un état des lieux de ses avancées, de ses réussites et de ses difficultés. Il est également possible d’y proposer une idée, une information, un débat. « Grâce à ces outils, nous avons une très bonne communication interne », se félicite Julien Hostache.

Pour que toutes les énergies puissent s’exprimer équitablement, des procédures ont été mises en place, « un processus est important pour éviter que celui qui parle le plus fort soit le plus écouté. » Ainsi, lorsqu’un membre d’Enerfip pense détenir une idée innovante, il la matérialise sur une fiche de présentation, structurée et explicite. L’idée est observée, questionnée et analysée dans le cadre d’un petit comité appelé le co-tri (comité de tri) et constitué de plusieurs membres de l’entreprise. En fonction de leur pertinence, un autre comité procède à la hiérarchisation et la priorisation de l’ensemble des idées retenues.
 
Après 8 ans d’exercice, le directeur général reconnaît que le fonctionnement auto-gouverné de l’entreprise a réellement mis 5 ans avant d’être rodé. « C’est une sorte de recette qu’il faut réussir à bien définir. Plus le temps passe et plus nous sommes en bonne carburation », conclut Julien Hostache.
 

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