Biométhane : un gaz renouvelable clé pour la transition énergétique

  • Temps de lecture: 5 min

Holacratie : avantages et limites d’un management horizontal

Se passer de hiérarchie ? C’est le pari des entreprises qui, comme Danone, font le choix de l’holacratie. En rompant avec le management vertical, cette méthode née au début du XXIe siècle ne cesse de se développer. 

Holacratie en action

Un nom barbare ? Pas vraiment. Le mot holacratie vient du grec ancien holos, « tout » et kratos, « pouvoir ». Théorisé au début des années 2000 par l’entrepreneur américain Brian Robertson, il désigne un mode de management non conventionnel, basé sur la prise de décision en commun. « L’holacratie est un système d’aide à la responsabilisation et à la coopération, au service de la raison d’être de l’entreprise. », explique Bernard-Marie Chiquet, fondateur de l'institut iGi, et spécialiste certifié en holacratie, chez Bpifrance Le Lab. On peut aussi définir cette dernière comme un système de gouvernance et un mode de management horizontal supprimant la hiérarchie et favorisant la responsabilité comme l’autonomie des collaborateurs. 

Qu’est-ce que l’holacratie ?  

Pur produit des méthodes de management agile, on peut associer l’holacratie à une démarche mêlant conduite du changement et lean management (méthode de gestion et d'organisation du travail qui vise à améliorer les performances d'une entreprise). Ainsi, l’holacratie propose une gouvernance innovante qui pousse l’entreprise à s’éloigner des structures hiérarchiques classiques au profit d’une organisation à géométrie variable. De cette manière, le travail se divise par compétences et par projets. Un salarié peut donc, selon ses qualifications être chargé d’un projet et en même temps se positionner comme simple exécutant sur une autre mission.  

Management vertical vs management horizontal

Si le géant du e-commerce américain Zappos est l’exemple emblématique de l’adoption du modèle holacratique, des entreprises françaises comme Popchef, Castorama ou Enerfip ont aussi testé ce modèle de gouvernance horizontale. « L’holacratie s’inscrit dans le mouvement de l’entreprise libérée, mais propose, au-delà du diagnostic théorique, une boîte à outils aux managers et dirigeants souhaitant adapter leurs pratiques aux enjeux de leur époque. », précise Bernard-Marie Chiquet. 

Holacratie expliquée en schéma

Comment manager dans un modèle holacratique ? 

Concrètement, quand une entreprise adopte l’holacratie, la fonction de manager tend à disparaître et son rôle est réparti sur plusieurs personnes au sein de l’organisation. Le management devient horizontal.  

Chaque collaborateur devient donc responsable de la mission qui lui a été confiée. C’est en ce sens qu’on dit généralement que l’holacratie supprime la nécessité de se référer à un manager ou un expert référent. Si un référent existe pour chaque mission, la prise de décision se fait elle via des réunions de gouvernance. 

Quel est l'organigramme de l'holacratie dans une entreprise ? 

Au lieu d'avoir un organigramme hiérarchique organisé sous forme de pyramides (management pyramidal), l'entreprise évolue en cercles regroupant des employés qui ont des rôles proches. Au sein de « cercles » - ou domaines d’activité - tout le monde échange sans passer par sa « hiérarchie ».  

« Les prérogatives traditionnelles du manager peuvent être distribuées entre des leaders de cercles ou d’autres employés. Une fois qu’on nous affecte un rôle, on nous demande de le gérer comme une entreprise qui pourrait être externalisée. » Chacun parmi les collaborateurs peut, par ailleurs, se voir attribuer plusieurs rôles et appartenir à plusieurs cercles, en fonction de ses aptitudes, de ses envies et de sa charge de travail.  

Un style de management collaboratif et participatif  

En adoptant ce mode d’organisation, les collaborateurs gagnent en autonomie et se sentent plus libres de s’exprimer ou de faire preuve d’esprit d’initiative. « Le salarié qui gère son rôle comme il l’entend sera beaucoup plus efficace et investi que celui qui travaille sous la supervision d’un manager. », affirme l’expert du Lab Bpifrance.

Quant aux problèmes, ils sont évoqués lors de réunions de gouvernance, précise Bernard-Marie Chiquet. « Dans une entreprise ayant adopté l’holacratie, tout est autorisé sauf ce qui est explicitement interdit. On renverse le paradigme des modèles conventionnels dans lesquels les prises d’initiatives sont par défaut interdites, sauf si l’on reçoit une autorisation de sa hiérarchie. ». Pour résumer, « celui qui sait est celui qui fait », dans la limite des règles. 

Les limites de l’holactratie  

Opter pour un management horizontal en mettant en place une organisation holacratique au sein de son entreprise est un choix lourd de conséquences qui porte de nombreux avantages, mais induit aussi des inconvénients qui doivent être considérés.  

Côté positif, une gouvernance holacratique permet d’améliorer le bien-être des équipes en responsabilisant l’ensemble des collaborateurs. Contrairement au management vertical, l’holacratie mise sur l’intelligence collective et développe un environnement de travail créatif et stimulant. Ainsi, les entreprises comme Scarabée Biocoop ou encore Danone, qui se sont essayées à ce type de gouvernance horizontale, relatent avoir gagné en culture de l’innovation et estiment avoir accru leur capacité à faire face aux changements.  

Si ce mode de management suscite un certain enthousiasme, il provoque aussi quelques critiques et peut comporter des limites. Son adoption peut prendre du temps et déstabiliser des collaborateurs habitués à fonctionner dans un modèle pyramidal.  

« Il n’est pas possible de passer sans transition d’un modèle où le lien de subordination régit toutes les relations entre managers et employés, à une organisation où le self-management est à l’œuvre. », conclut Bernard-Marie Chiquet. D’autre part, la structure holacratique cultive une certaine idée de consensus, ce qui allonge les prises de décisions.  

 

Exemples d’entreprises holacratiques  

De nombreux groupes français se sont inspirés des principes de l’holacratie pour une gouvernance horizontale. C’est notamment le cas des entreprises suivantes : 

  • Scarabée Biocoop 
  • SIAV  
  • Danone  
  • L’Atelier du Laser 
  • Castorama 
  • Enerfip  
     

logo bigmedia

Big média

Rédacteur web