Nicolas Dufourcq (Bpifrance) : « On est sorti de l’image du secteur industriel qu’on avait au début des années 2000 »

Samedi soir, Nicolas Dufourcq était l’invité de « L’éco de l’été » sur France Inter à l’occasion d’une émission consacrée à la réindustrialisation. Pendant quarante minutes, le directeur général de Bpifrance est revenu sur les conditions d’un retour à une France industrielle.  

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Nicolas Dufourcq (directeur de Bpifrance) lors de Big 8

La réindustrialisation française est-elle un miracle possible ou un probable mirage ? C’est la question qui était posée à Nicolas Dufourcq à l’antenne de « L’écho de l’été », ce samedi 5 août. Habitué des plateaux, celui qui est à la tête de la Bpifrance depuis sa création est revenu sur le rôle de celle-ci dans l’économie française et sur la nécessité pour la France de redévelopper sa capacité à produire sur son territoire.  

Bpifrance s’occupe des entrepreneurs de 7 à 77 ans 

« Bpifrance, est d’abord une banque, elle est donc régie par les mêmes régulations que les autres. Sa particularité, c’est de recevoir de la part de ses deux actionnaires, l’État et la Caisse des Dépôts, des moyens pour s’engager dans des missions d’intérêt général », synthétise Nicolas Dufourcq. Le directeur de la banque publique précise cependant que contrairement aux acteurs conventionnels, Bpifrance ne s’intéresse qu’aux entreprises. « Le truc de Bpifrance, c’est les entrepreneurs de 7 à 77 ans », glisse-t-il malicieusement. Entre actionnariat direct et participation via des fonds privés, la banque des entrepreneurs est présente au capital de 6 000 entreprises sur le territoire.  

Nicolas Dufourcq : « Il faut que cette prise de conscience se concrétise »  

Où en est l’industrie française aujourd’hui ? Pour le directeur général de Bpifrance, il faut d’abord commencer par les représentations collectives que les Français se font de l’industrie. « On est sorti de l’image du secteur industriel qu’on avait au début des années 2000 », déclare Nicolas Dufourcq qui souligne l’existence d’un consensus sur la nécessité de produire en France aujourd’hui. « Bien sûr, des progrès restent à faire, et il faut encore que cette prise de conscience générale se concrétise au travers d’actes », tempère-t-il en pointant du doigt la crise des vocations industrielles qui existe encore dans les écoles d’ingénieurs.  

Le directeur de Bpifrance confiant pour la réindustrialisation française 

« Si le consensus sur le besoin de réindustrialisation est fondamental, c’est qu’il faut que tout le monde s’y mette ! Nous avons besoin des industriels, mais aussi que les municipalités accordent des friches, que les électeurs acceptent la présence d’usines près de chez eux, que les écoles forment plus de profils adéquats », analyse Nicolas Dufourcq, pour qui, il faut forger - le terme n’est pas anodin - un nouveau contrat social.  

Pour le directeur historique de Bpifrance, certains indicateurs sont encourageants, « Le nombre d’ouvertures de sites industriels est désormais supérieur à celui des fermetures ». Dans ce tissu industriel, on peut décompter plusieurs catégories. Les « grandes cathédrales », c’est-à-dire toutes les usines type gigafactories pour la production de batteries électriques notamment. « Ces structures font presque 1 kilomètre de long. Elles ne sont pas nombreuses, mais il faut garder en tête que leur production chaque fois représentera des points de PIB », explique Nicolas Dufourcq. Mais au-delà de ces usines géantes, il faut aussi compter sur les catégories des TPE innovantes, des « néo-industriels » qui réinventent totalement la filière sur l’ensemble du territoire.  

Martin Ferron
Martin Ferron Rédacteur Web