Sober Spirits, les spiritueux sans alcool dont l’international raffole 

En moins d’un an, les spiritueux sans alcool Sober Spirits ont réalisé l’exploit de séduire une quinzaine de pays. Nous avons rencontré Calixte Payan, le fondateur de cette entreprise lyonnaise.  

  • 08 septembre 2023
  • Temps de lecture: 5 min
Sober Spirit
Photo d'illustration Progrès / D. TAPISSIER

Le goût d’un spiritueux, sans en avoir les effets. Par extraction d’alcool et une savantes combinaison de distillations et d’infusions, Sober Spirits est la première entreprise à utiliser de véritables spiritueux pour concevoir des boissons sans alcool. “Ce n'est pas forcément destiné à être bu pur, on a vraiment décidé d'inventer ces produits pour les cocktails”, souligne son fondateur Calixte Payan. C’est en 2020 qu’il se lance dans l’aventure Sober Spirits, après de nombreux essais et un long apprentissage : “J’ai acheté un alambic sur internet. J’ai testé des centaines de distillations, avec des écorces, des fruits, des plantes, juste pour comprendre les goûts, les odeurs, la longueur en bouche de tel ou tel alcool, …”. Il finit par changer d’envergure en contactant des dizaines de distilleries françaises courant 2021. Seulement deux ou trois se montrent intéressées par son projet. “Les distilleries étaient beaucoup moins ouvertes au sans alcool à ce moment. Leur métier, c'était de faire de l'alcool alors elles n'en voyaient pas forcément l'intérêt”, partage le dirigeant. Lui, qui n’en était pas à son premier coup d’essai entrepreneurial, avait déjà identifié la demande pour ce nouveau type de boissons.  

A l’origine, un manque d’alternative pour les amateurs de sans alcool 

Sober Spirits lance son premier produit, un rhum sans alcool, en janvier 2023. Le gin et le whisky suivent rapidement, et l’amaretto sera prochainement commercialisé. Cette appétence pour les boissons non alcoolisées, Calixte Payan la remarque d’abord grâce à ses expériences passées dans l’événementiel. Il commence en effet l’entrepreneuriat avec une société de bars à cocktails pour tous types d’occasions. Que ce soit pour des entreprises ou des particuliers, l’entrepreneur observe le développement de la tendance du sans alcool. “L’idée c’est qu’on peut faire la fête, s'amuser, passer un bon moment et trinquer avec les amis sans forcément boire de l’alcool”, explique-t-il. Le Lyonnais note toutefois le manque d’originalité dans les alternatives régulièrement proposées. “Avant, on donnait un soda trop chimique ou une eau pétillante un peu fade. Pour des cocktails non alcoolisés, les mélanges de jus de fruit avec du sirop étaient trop sucrés et ce n’était pas dans les tendances actuelles”. Alors, pour y remédier, le serial entrepreneur choisit d’innover. 

L’innovation, de la dégustation jusque dans la représentation 

Calixte Payan insiste : l’innovation est au cœur de tout ce qu’il entreprend. C’est d’ailleurs de cette manière que son entreprise se démarque aussi rapidement. En alliant l’originalité de ses spiritueux avec son premier métier dans l’événementiel, il parvient à faire du cocktail sans alcool une véritable expérience. C’est, pour lui, ce qui a retenu l’attention des distributeurs dans les grands salons internationaux auxquels Sober Spirits participe depuis le départ. “On y va à chaque fois avec tout un univers : un bar décoré, fleuri, et une véritable expérience cocktail avec de la fumée, du feu, du moléculaire. Après, cela se joue à la dégustation”, partage son fondateur. En parallèle, l'entreprise remporte des prix dans des concours parmi les plus réputés du monde dans le milieu des spiritueux. A ce jour, Sober Spirits a déjà obtenu trois fois le prix du meilleur spiritueux sans alcool au San Francisco World Spirit Competition et à l'International Wine & Spirit Competition de Londres. “Ce coût de tampon, cette validation par des experts alcooliers nous a tout de suite donné un rayonnement mondial, y compris auprès des distributeurs”. Le dirigeant Calixte Payan reste conscient de la rude compétition et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, d'autant plus que sa société réalise près de 75 % de son chiffre d’affaires à l’export. 

Un réseau puissant pour mieux se développer à l’étranger 

C’est en Angleterre que Sober Spirits fait ses premiers pas à l’étranger. Son expansion à l’international est par la suite fulgurante : entourée d’un réseau d’entrepreneurs et de distributeurs, et accompagnée par des entités comme Business France, Bpifrance ou La French Tech, l’entreprise conquiert, en moins d'un an, quinze pays répartis sur l’ensemble des continents.
Afin de rester en alerte sur les tendances de ce marché en pleine expansion, Calixte Payan peut compter sur un réseau soudé. C'est notamment le cas avec Pierre Chavin, une marque qui réalise des vins et champagnes sans alcool. “On se partage des données concrètes sur les marchés, nos problématiques, nos contacts, on organise des mises en relation, …” dévoile l’entrepreneur. Pour autant, la concurrence reste rude d'après le fondateur. “J'ai lu un article qui disait qu'il pourrait y avoir jusqu'à mille marques concurrentes d'ici la fin de l'année 2023”. mais loin de l'inquiéter, cette appétence grandissante le conforte davantage dans sa façon de se démarquer.

En utilisant des techniques différentes et en avançant rapidement ses pions sur les marchés, la marque de spiritueux sans alcool s’est fait une place parmi des noms historiques comme l’anglaise Seedlip ou l’australienne Lyre’s. Dans sa stratégie, l’entreprise souhaite aussi s’adapter aux papilles étrangères. “Le Japon est friand de whisky. En France et aux Antilles, on est très amateur de rhum. En Allemagne et en Angleterre, c'est le gin qui fait foi”. Elle a d’ailleurs spécialement conçu son dernier produit, l’amaretto, pour répondre à une forte demande sur ce dernier pays. Ses prochains objectifs ? “On souhaite renforcer notre positionnement en Europe et en Asie. Le graal serait de se lancer en Australie et aux Etats-Unis, mais il faut vraiment être prêt d'un point de vue commercial. C'est pourquoi nous misions tout sur le Canada qui sera notre porte ouverte sur l'Amérique”, espère Calixte Payan. 

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