mbpack s’emballe pour le réemploi

Alors que la réglementation évolue rapidement dans le secteur des emballages à usage unique, mbpack a fait le choix d’aller de l’avant et de faire tendre son modèle vers plus de soutenabilité, en incluant clients et fournisseurs à la démarche.

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mbpack s’emballe pour le réemploi
© mbpack (Instagram)

Transformer notre système de notation environnementale interne des emballages en un référentiel normé avec l’AFNOR avec les parties prenantes de notre industrie représente une perspective formidable !” Directrice du marketing et de la transition de mbpack, Aurélie Cordé n'est pas du genre à cacher son enthousiasme quand il s'agit de raconter le chemin parcouru par cette entreprise mayennaise depuis 2020. 

À l'origine productrice puis distributrice d’emballage plastique à usage unique à destination des métiers de bouche (boulangerie, boucherie, traiteur), mbpack, 43 salariés et 30 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, a complètement adapté son modèle économique pour devenir entreprise à mission et embarquer salariés, fournisseurs et clients dans son aventure. 

mbpack, déclencheur de la transition 

C’est l’évolution réglementaire qui a d’abord conduit la direction de mbpack, membre de la communauté du Coq Vert, à envisager de faire pivoter son modèle, expose Aurélie Cordé : “La transition écologique dans le secteur des emballages à usage unique conduisait à de nouvelles obligations réglementaires plusieurs fois par an, menaçant notre pérennité économique. Nous souhaitions moins subir ces évolutions et mieux anticiper les changements.” En 2019, les équipes planchent sur le sens de leur activité, le modèle économique et repensent le projet d’entreprise pour mettre l’innovation et la responsabilité sociale au cœur de l’ADN mbpack. Comment transmettre une planète saine à vivre aux générations futures ? Ce sujet anime les discussions au cours de cette période, et interroge les modes de production des emballages à usage unique.  

Produire mieux et engager ses fournisseurs 

Mbpack intègre alors le programme “Ecoprodduire” porté par la chambre de commerce et d'industrie des Pays de la Loire et accompagné par l’ADEME. Ce travail d’une quinzaine de mois consacré à l'écoconception des produits permet à l’entreprise de “construire un système de notation permettant d’évaluer la performance environnementale de notre offre de produits sous la forme d’un barème type Nutriscore.”, explique Aurélie Cordé. Plus précisément, cet outil sur-mesure permet d’estimer l’impact environnemental de n’importe quel emballage sur l’ensemble de son cycle de vie, notamment en s’appuyant sur une Analyse de Cycle de Vie (ACV) simplifiée sur la partie matières. “Nous l’avons utilisé sur l’ensemble du catalogue, soit 850 types de produits, et nous avons communiqué ces notes à nos clients, afin qu’ils puissent mieux arbitrer leurs choix au moment des commandes”, précise la directrice du marketing et de la transition. Notamment en leur proposant des alternatives plus durables.  

La seconde étape débute en 2021 : engager l'écoconception. Il s’agit concrètement de réduire l’impact environnemental des produits en travaillant avec les fournisseurs. “Nous leur avons communiqué des axes d’amélioration, dans une démarche de co-construction.” Quelles pistes explorer ? La responsable de la transition écologique de mbpack détaille : “Passer d’un produit multimatériaux non recyclable à du monomatériau. Par exemple, un étui pour emballer un sandwich a parfois une fenêtre plastique transparente au milieu. On peut la remplacer par de la cellulose transparente. On peut aussi diminuer le grammage du papier. On va travailler également les sources d’approvisionnement plus proches de lieux de production ou encore sur des matériaux qui peuvent intégrer des filières de recyclage existantes.” Résultat : des produits plus vertueux, moins impactants, plus locaux (50 % de production en France, part de produits issus du grand import en diminution de 13 % et 5 %). 

Sur le terrain, la clientèle directe de mbpack - les grossistes qui livrent les clients finaux, chaîne de restauration ou artisans - se montre intéressée par la note environnementale des produits de l’entreprise, mais demande à ce que l’outil soit accessible pour évaluer tous les produits du marché. “Cette initiative était dans notre projet de développement, mais nous avons accéléré la cadence pour rendre notre méthode ouverte. Pour cela, une démarche globale s’est engagée", explique Aurélie Cordé : “Depuis juin 2023, nous avons réuni un collectif d’entreprises, fabricants, concurrents, clients, mais aussi des experts spécialisés, des associations environnementales et de défense des consommateurs, des éco-organismes et l’AFNOR - organisme certificateur. Ensemble, nous souhaitons établir une méthodologie commune et accessible à tous, dans le but d’en faire un référentiel reconnu sur la performance environnementale qui devrait sortir d’ici le printemps 2024, dans la perspective d’aller vers la norme.” 

Une évolution vers un modèle plus durable 

De quoi faire la preuve de la raison d’être de mbpack. “Nous concevons et rendons accessibles des produits et services d’emballages innovants, durables et utiles. Ensemble, nous engageons notre écosystème à agir en conscience sur l’environnement et à avancer vers un joli monde”, explique Aurélie Cordé. La transformation en entreprise à mission avec des engagements statutaires ne s’arrête pas là. L’écoconception, c’est aussi interroger l’utilité des produits (comme renoncer à la commercialisation de certains d’entre eux) et engager des projets autour du réemploi des emballages, qui représente un défi complexe en raison des habitudes des consommateurs selon Aurélie Cordé. “Au-delà de l’aspect réglementaire français et européen, passer de l’emballage unique au réemployable nécessite des changements dans les pratiques avec des points de friction, comme la mise en place de la consigne payante et les contraintes supplémentaires pour ramener son emballage…” 

Mais les changements doivent aussi se faire du côté des acteurs de la restauration, car l’approche réemploi dans un modèle économique est exigeante et comporte des freins évidents (mise en place, stockage, logistique, lavage…) Pour répondre à ces enjeux, mbpack développe d’ailleurs une offre de coordination de boucle de réemploi : audit, accompagnement, outil de traçabilité, etc. Enfin, les salariés sont impliqués dans le projet de l’entreprise, en participant à des groupes de travail sur la stratégie RSE, dans le but de se former et de contribuer à la réussite du projet d’entreprise. “En parallèle de la raison d’être de mbpack, nous valorisons la singularité des collaborateurs de l’entreprise, pour que chacun puisse s’inscrire dans le projet, ce que nous appelons la raison d’en-être” conclut Aurélie Cordé. Chez mbpack, les raisons de s’enthousiasmer pour l’avenir ne manquent pas. 

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