Se lancer sur un marché concurrentiel : l'exemple de Chloé Durand, fondatrice Carmen & Simone 

Vendre de la maroquinerie vegan, c’est le concept de la marque Carmen & Simone lancée en janvier 2023 par Chloé Durand. Ancienne employée de start-up, elle a quitté son poste pour se lancer dans le monde de l’entrepreneuriat. Avec Big média, elle aborde ses débuts.   

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Chloé-Durand

« Être entrepreneure dans le luxe est passée d’une envie à une obsession. » Au moment d’évoquer le lancement de sa marque Carmen & Simone, Chloé Durand ne manque pas d’optimisme. Après des expériences dans le marketing agroalimentaire puis en tant que chargé de clientèle pour les grands groupes, la jeune femme décide de tout arrêter en septembre 2022 pour plonger dans un secteur qui lui est inconnu. « Je ne connaissais rien au milieu de la mode et je ne suis pas du tout styliste, mais j’avais le sentiment que c’était le bon moment pour me lancer. » En janvier 2023, Chloé Durand a officiellement lancé sa marque de maroquinerie de luxe végan, Carmen & Simone. Aujourd'hui, elle revient avec le Big média sur ses débuts dans l'entrepreneuriat.

Big média : Comment on se prépare pour se lancer dans un milieu aussi saturé que celui de la maroquinerie ?  

Chloé Durand : J’avais différentes idées de concepts. Pour ce qui est du logo, des couleurs etc., je savais ce que je voulais et ce que je ne voulais pas mais j’étais loin d’être une experte de ce secteur au moment de me lancer. J’ai d’abord réalisé l’étude de marché seule. J’avais déjà réalisé des exercices de ce type durant mon master où l’on devait créer des business model par exemple. J’ai repris tout ce que j’ai appris à l’école et je l’ai appliqué au domaine de la maroquinerie. Ensuite, j’ai souscrit un prêt à la banque et j’ai embauché une styliste en freelance que je payais à la mission. Avec elle, j’ai pu avancer en créant l’identité de la marque, chercher des fournisseurs ainsi qu’un atelier. 

BM : D’après-vous, quels sont les trois points les plus importants avant de se lancer dans l’entrepreneuriat ?  

CD : Pour moi, il est très important de réaliser une bonne étude de marché, regarder ce qui se fait dans le secteur et ce que produisent les concurrents. C’est ce qui permet de faire « un état des lieux », voir où est-ce que l’on va se situer et où il peut y’avoir des places à prendre. Il est important de prévoir le budget également. Il y a de nombreux coûts auxquels on ne pense pas avant de mettre les pieds dans le monde de l’entrepreneuriat. Entre mon estimation budgétaire et mes dépenses il y avait un écart parce que je n’avais pas prévu de participer à des événements ou des salons par exemple. Enfin, je dirais aussi qu’il faut être préparé mentalement pour ce métier. Quand on lance son projet, on imagine toujours que ça va plaire aux gens et l’on s’attend toujours au meilleur. Mais la réalité peut vite mettre un coup au moral et c’est pour ça qu’il faut être prêt à essuyer des déceptions par moment. 

« Il y a des jours où j’ai envie de tout abandonner (…) et le lendemain je suis persuadée de réussir » 

BM : Justement, avez-vous connus des déceptions ?  

CD : Oui, comme beaucoup d’autres je pense. Lors de la sortie de ma Newsletter, pour annoncer l’apparition de mon site, j’ai eu énormément de retours et de commentaires positifs sur les réseaux sociaux. Je m’attendais assez naturellement à une avalanche de ventes lors des premiers jours et j’en ai fait, mais elles n’étaient pas proportionnelles à l’engouement que j’avais pu constater avec ma Newsletter. C’est forcément difficile à avaler même si l’on vous met en garde contre l’euphorie au départ. Une autre chose à laquelle je n’étais pas prête : les critiques. J’ai eu la chance de paraître dans plusieurs articles de presse et j’ai donc été confrontée à des commentaires peu constructifs voire méchants par moment. Sur le coup ça peut faire mal, mais avec du recul, ce sont justes des personnes qui critiquent sans réellement s’intéresser à la démarche.  

BM : A quel point les pop-up stores s’avèrent importants pour de nouveaux entrepreneurs ? 

CD : C’est l’occasion de rencontrer de nouvelles personnes, parfois dans la même situation que vous ou alors qui sont passées par là et d’échanger avec elles sur des sujets comme les stratégies marketing ou de partager des conseils. Le dernier pop-up où j’étais présente réunissait uniquement des personnes engagées, ça m’a permis croiser des entrepreneurs avec des ambitions similaires aux miennes et d’obtenir leur avis au sujet de ma marque. Même chose pour les clients qui se rendent sur notre stand et peuvent nous faire un retour sur nos produits. C’est très enrichissant.  

BM : Si vous deviez donner un seul conseil à un entrepreneur qui débute, quel serait-il ?  

CD : Le plus important selon moi est de persévérer. Les journées sont pleines, on a peu de temps pour nous ou pour notre famille et c’est un sacrifice lourd parce que l’entrepreneuriat ce sont les montagnes russes. Il y a des jours où j’ai envie de tout abandonner et je me demande ce que je fais là, pourquoi j’ai fait ça et je me suis lancé là-dedans. Le lendemain j’ai l’impression d’être la reine du monde et je suis persuadée de réussir. D’un côté c’est beaucoup de remise en question et de stress et de l’autre ça reste de belles rencontres ainsi qu’énormément d’apprentissage.  

Emmanuel Lanoe

Emmanuel Lanoe

Rédacteur Web