L’Atelier des Cuivres, quand l’entrepreneuriat fait revivre le son d’un savoir-faire perdu

Musique, histoire, artisanat, entrepreneuriat, c’est la singulière partition de l’Atelier des Cuivres. Son fondateur et dirigeant, Adrien Jaminet, s’est spécialisé dans la fabrication de trompettes. Un savoir-faire perdu qu’il a, en associant excellence artisanale et persévérance entrepreneuriale, su faire renaître. 

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Adrien Jaminet, fondateur de l’Atelier des Cuivres, entreprise de fabrication artisanale et vente de trompettes.
Adrien Jaminet, fondateur de l’Atelier des Cuivres, entreprise de fabrication artisanale et vente de trompettes.

Par sa passion pour la musique et sa vocation entrepreneuriale, il laisse l’artisanat s’exprimer et écrire la partition de l’histoire. Adrien Jaminet, fondateur et CEO de l’Atelier des Cuivres et lui-même trompettiste, s’est très tôt lancé dans la réparation, puis dans la fabrication de son instrument favori. Si son milieu familial l’a sûrement prédestiné à exercer ce métier, – son père était lui-même musicien amateur, entrepreneur et artisan - il a consolidé son projet petit à petit aux côtés des personnes qui l’ont inspiré artistiquement et professionnellement. A travers le son de ses trompettes, Adrien Jaminet nous montre comment contribuer à faire vivre notre patrimoine musical grâce à sa vocation entrepreneuriale.

La fabrication de trompettes, d'une activité secondaire à un métier passion

 

Passionné de trompette par tradition familiale, Adrien Jaminet réalise son stage de troisième atelier parisien de réparation d’instruments de musique. Dès lors, son amour pour l’instrument à cuivre se mêle son intérêt pour le préserver. Après son stage, il poursuit le conservatoire. Mais surtout, il continue de « chiner », comme il le dit lui-même, des trompettes à réparer. Très vite, plus qu’une activité secondaire, cela devient son métier : le trompettiste n’a pas 20 ans lorsqu’il devient auto-entrepreneur et s’installe dans le sous-sol de ses parents, à Brétigny-sur-Orge. Il détaille, amusé : « J’avais dans ma chambre les posters des musiciens qui venaient faire réparer leur trompette dans mon atelier, ça m’a motivé à mettre beaucoup de passion et de précision dans ce que je faisais ». 

Adrien Jaminet au travail dans son atelier

Le grand retour de la fabrication artisanale de trompettes en France

 

La Garde républicaine, l’Opéra national de Paris, l’Orchestre national de France… si les musiciens de grandes institutions musicales françaises requièrent les compétences de l’artisan, celui-ci se rend compte qu’au-delà de la réparation, il peut autrement rendre service à ses clients qui sont aussi, musicalement, ses idoles… en fabriquant entièrement leurs instruments. Et, dans le même temps faire revenir un savoir-faire perdu en France
Car, si l’Hexagone ne manquait pas d’artisans capables de réparer des instruments à cuivre, leur fabrication artisanale complète, un savoir-faire technique complexe, avait disparu, notamment au profit d’entreprises américaines et japonaises. C’est donc conscient du potentiel entrepreneurial, mais aussi de l’importance patrimoniale et culturelle que comporte sa démarche, qu’Adrien Jaminet ouvre son entreprise à ce secteur atypique. Et commence à fournir certains solistes dont le talent n’est plus à prouver, notamment Romain Leleu et Ibrahim Maalouf.

Une époque à faire connaître, des valeurs à transmettre

 

Grand connaisseur de l’instrument qu’il fabrique – Adrien Jaminet a appris l’histoire de la trompette aux côtés de Roger Delmotte, légendaire trompettiste français, et fabrique ses instruments de telle sorte qu’ils produisent un son spécifique, à la française, hérité des années 50 - le musicien a également su s’ouvrir à l’écosystème entrepreneurial pour atteindre ses objectifs… ce qui l’a notamment amené à décider de miser sur le local. Le chef d’entreprise explique : « La quête de partenaires proches, du réseau de proximité, est aussi une quête géniale. Aujourd’hui, nous trouvons tous les éléments nécessaires à la fabrication de nos instruments dans un rayon de 800 km autour de notre atelier. Avant nous faisions venir certaines pièces et composants d’Allemagne sans trop nous poser la question… pour nous rendre compte qu’à moins de 10 km de chez nous, un artisan pouvait avoir ce savoir-faire ». Il produit également aujourd’hui des podcasts, pour inspirer de futurs entrepreneurs comme il l’a été par le passé et poursuivre sa démarche patrimoniale. Et continue de donner du cor, à travers ses instruments, à ce savoir-faire qu’il a su faire revivre.
 

Jean baptiste Ganga
Jean Baptiste GANGA Rédacteur web