Interstellar Lab : la start-up qui cultive les plantes dans l’espace comme sur Terre

La start-up parisienne Interstellar Lab développe des serres permettant de recréer un climat autonome dans le but de faire pousser le vivant en environnement contrôlé. Lauréate de France 2030, la pépite construit une première usine pilote pour passer à l’industrialisation de ses bulles. Elle a d’ores et déjà noué des contrats dans le spatial, mais aussi pour des usages terrestres à l’instar du secteur des parfums.

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interstellar lab

Plantes, champignons, insectes… s’épanouissent à l’intérieur des bulles gonflables ou des cubes, équipés de machines et d’intelligence artificielle qui recréent un climat autonome nécessaire au vivant. Bienvenue dans le monde des systèmes innovants imaginés et conçus par la jeune pousse Interstellar Lab. En effet, après avoir passé des mois sur un site de la Nasa aux Etats-Unis où elle observait la manière de reconstituer des conditions atmosphériques dans l’espace, Barbara Belvisi a lancé sa start-up début 2020, à Paris, avant de l’installer définitivement en région parisienne, à Ivry-sur-Seine. Avec, en tête, l’idée « d’utiliser la technologie spatiale pour trouver des solutions sur Terre et, en parallèle, de tester sur notre planète des systèmes à envoyer dans l’espace », se souvient la fondatrice et Pdg d’Interstellar Lab.

Une phase industrielle enclanchée

Ainsi sont nés les premiers BioPods, ces modules d’Interstellar Lab destinés à l’usage sur Terre. Et les demandes fleurissent ! Exemple, « des acteurs d’ingrédients naturels dans la cosmétique qui ont besoin de plantes rares difficiles à sourcer ou les plantes qui consomment trop d’eau quand on les fait pousser dans les environnements non contrôlés », explique Barbara Belvisi. Les premiers contrats sont d’ailleurs d’ores et déjà noués pour équiper, par exemple, des industriels tels que le groupe grassois Robertet. L’heure est donc au passage à l’échelle.

C’est dans ce contexte qu’Interstellar Lab a sollicité le soutien de France 2030 afin de développer, d’abord, une petite usine pilote, puis d’en construire une plus grande à terme. Lauréate de la deuxième vague de l’appel à projets « Première usine », la start-up bénéficie d’une aide de 2,2 millions d’euros pour s’équiper en machines et en infrastructures, mais aussi de « beaucoup de mises en relation », note Barbara Belvisi. De quoi lui permettre d’accélérer l’industrialisation de ses serres.

Faire pousser des fleurs sur la Lune

La pépite, qui auparavant avait levé 7 millions de dollars auprès de business angels, des fonds d’investissement en Angleterre, en Allemagne et aux Etats-Unis, ainsi qu’auprès de Bpifrance, a par ailleurs récolté plusieurs contrats dans le secteur spatial. Avec la Nasa, pour construire, dans un cube, un système de production de nourriture pour des missions longues. De même, avec l’ESA et l’Inrae, pour étudier l’impact de la microgravité sur la croissance des plantes. Plus récemment, la jeune entreprise vient d’annoncer un partenariat avec la start-up Astrolab pour cultiver, dans le cadre d’une mission spatiale baptisée « Petit prince », des fleurs sur la Lune…

Toutefois, « notre chiffre d’affaires dans les trois prochaines années va être sur le terrestre. Le spatial étant principalement financé par les appels d’offres des agences spatiales », analyse Barbara Belvisi. Les systèmes adaptables et modulaires Interstellar Lab ouvrent en tout cas à la pépite tout un champ des possibles…

 

 

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