Intelligence artificielle : comment Wintics exploite le potentiel de la vidéo-surveillance ?

Les caméras de vidéo-surveillance urbaine sont une véritable mine de données pour les villes et les gestionnaires d’infrastructures. Aujourd’hui, grâce à l’intelligence artificielle, de nouvelles perspectives s’ouvrent pour les entreprises du secteur de l’IA. A Paris, la start-up Wintics fait figure de pionnière. 

  • 08 novembre 2022
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L'équipe Wintics

« Ce qui était encore il y a cinq ans une hypothèse de travail est aujourd'hui une certitude », lance Quentin Barenne, cofondateur de la start-up parisienne Wintics. La certitude dont il parle, c’est l’exploitation de la masse de données produite par les caméras de vidéo-protection. Car au-delà de leur fonction première, elles contiennent une vraie mine d’informations sur les flux de véhicules ou de personnes. « De plus en plus d’appels d’offre de la part de collectivités ou de grands gestionnaires d’infrastructure de transport ont été lancés sur ce sujet ces derniers temps », constate le jeune dirigeant. Mobilités, sécurité, propreté… Wintics a justement fondé son expertise sur ce créneau jusque-là peu exploité. Sa solution, Cityvision, forme une brique manquante, celle capable de faire « parler » les flux d’images en temps réel pour mieux comprendre et donc mieux aménager la ville et les transports.

Analyse personnalisable des images 

L’histoire remonte à 2017. Matthias Houllier, Levi Viana et Quentin Barenne, trois collègues d’une société de conseil, quittent leur job pour créer Wintics avec la volonté de développer un produit « à forte valeur sociétale ». La même année, la jeune pousse, qui reçoit le soutien de Bpifrance, participe au concours d’innovation de la Ville de Paris ce qui lui permet finalement de rejoindre l’accélérateur spécialisé DataCity et d’entrer en contact avec la Ville de Paris.

Wintics profite de l’occasion pour faire connaître Cityvision, son logiciel d’analyse intelligente de flux vidéo. Celui-ci est capable de décrypter des images de caméras de vidéo-protection via un algorithme entraîné pour reconnaître tous types de véhicules ou de mouvements, comme les dépôts d’ordures sauvages par exemple. En effectuant un “comptage multimodes” Wintics peut ainsi repérer automatiquement toute forme d’anomalies ou d’infractions. « Nous rendons intelligentes des caméras déjà installées afin de leur offrir une nouvelle utilité », résume Quentin Barenne. Pour cela, l'entreprise propose deux solutions : positionner un serveur chez le client ou installer des boîtiers sur chaque caméra. 

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Des ambitions européennes 

« C’est d’une efficacité redoutable pour mesurer en temps réel l’impact des décisions d’aménagement, comme lorsque la Ville de Paris a réaménagé la rue de Rivoli », s’enthousiasme l’entrepreneur. A Paris, la start-up ne peut analyser que les flux vidéo issus des caméras de voirie, soit 250 caméras, « mais suffisant pour objectiver des situations, poser des diagnostics ... » En matière de sécurité, Cityvision se focalise avant tout sur les mauvais usages et incivilités liés à la mobilité : moto sur une piste cyclable, vélo sur un trottoir, feu rouge grillé… « Notre logiciel ne peut toutefois pas lire les plaques d’immatriculation et n’est pas doté de la reconnaissance faciale, tout est encadré par la loi », précise-t-il. 

Aujourd’hui, la start-up équipe plus de 34 communes et collectivités, de Paris à Nice, en passant par le département de Loire-Atlantique pour le pont de Saint-Nazaire. Depuis un an, elle accélère du côté des gestionnaires d’infrastructures de transports, comme les aéroports ou les gares. « Nous sommes fiers du chemin parcouru ! L’IA est un sujet complexe et nous avons réussi à le démocratiser », se réjouit Quentin Barenne. Installée au sein de l’Urban Lab de Paris, Wintics ne cache pas ses ambitions et regarde désormais vers l’Europe.