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Réchauffement climatique : définition, causes et conséquences

  • Temps de lecture: 6 - 7 min
Réchauffement climatique
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C’est un fait : notre planète se réchauffe et le climat se modifie. Les causes du réchauffement climatique sont tout aussi nombreuses que ses conséquences, et il est important de les connaître pour mieux anticiper les défis à venir.

Les trajets en avion, la consommation de viande et la déforestation sont sûrement les premiers facteurs qui vous viennent en tête lorsque l’on parle des causes du réchauffement climatique, mais la liste est longue. Qui dit cause dit aussi conséquences : pour la planète ou pour les hommes, celles du changement climatique peuvent s’avérer particulièrement sévères, et mettre en péril des écosystèmes et des populations entières. Quelles sont les 5 causes principales du réchauffement climatique ? Quels risques implique-t-il pour l’environnement et la société ? Tour d’horizon des enjeux.

Qu’est-ce que le réchauffement climatique ?

Le réchauffement climatique fait partie de l’enjeu plus large du changement climatique, qui regroupe les variations climatiques liées aux activités humaines et aux émissions de gaz à effet de serre (GES).

Dérèglement, changement ou réchauffement climatique : définition

Le changement climatique est défini par la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) comme une « variation de l’état du climat, qu’on peut déceler (par exemple au moyen de tests statistiques) par des modifications de la moyenne et/ou de la variabilité de ses propriétés et qui persiste pendant une longue période, généralement pendant des décennies ou plus ». Ces dérèglements peuvent prendre plusieurs formes, et l’un des principaux symptômes est le réchauffement climatique, qui se traduit par une augmentation du niveau moyen de la température à la surface de la Terre et des océans.

Le réchauffement climatique en France et dans le monde

En 2022, les émissions de GES mondiales ont atteint 57,4 Gt CO2eq. Pour atténuer les effets du changement climatique, l'Accord de Paris de 2015 fixe l’objectif de limiter la hausse des températures à 1,5°C et d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Entre 1900 et 2021, les températures moyennes ont augmenté de 1,7°C en France. 

Le Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC) fait part de prévisions pessimistes, avec une augmentation des températures de 4°C d’ici 2100, et inclut une révision de la stratégie française de lutte contre le dérèglement climatique.

Les chiffres des objectifs d’atténuation du réchauffement climatique en France

Objectifs climatiques
Source : Chiffres clés du Climat, ADEME

Le dernier rapport du GIEC 

Le 6e rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), publié en 2023, souligne que « le niveau de réchauffement global de 1.5°C par rapport à l’ère pré-industrielle sera atteint dès le début des années 2030, et ce quels que soient les efforts de réduction immédiate des émissions mondiales de CO2 ».  Le rapport préconise la mise en place des politiques de sobriété énergétique drastiques afin de limiter les émissions de GES et la hausse des températures entre 2,4°C et 3,5°C d’ici 2100.

Quelles sont les 5 causes principales du réchauffement climatique ?

Le réchauffement climatique provient principalement des émissions de gaz à effet de serre (GES), particulièrement le CO2, le méthane et le protoxyde d’azote, produits naturellement mais qui deviennent néfastes au-delà d’un certain seuil. Les causes du changement climatique peuvent être réparties en trois catégories :

  • les causes humaines du réchauffement climatique ;
  • les causes naturelles provoquant le réchauffement climatique ; 
  • les GES responsables du changement climatique.

Émissions de gaz à effet de serre par secteur en Europe

Émissions de gaz à effet de serre par secteur en Europe
Source : Toute l’Europe

La production et la consommation d’énergie

Les émissions mondiales de GES ont doublé en 50 ans, et on estime que 80% des émissions de GES dans le monde proviennent du CO2 produit par la combustion d’énergies fossiles. Cette consommation d’énergie concerne tous les autres secteurs d’activité : chauffage des bâtiments, usage numérique, transport ou encore agriculture. Si l’électricité est en 2021 le premier secteur émetteur de GES dans le monde et représente 39% des émissions totales provenant de la combustion d’énergie, elle a tendance à être plus durable grâce au développement des énergies renouvelables (éolien, solaire, hydraulique…).

Répartition des sources d’énergie

Bouquet Energétique primaire dans le monde
Source : Chiffres clés du climat, édition 2023

L’activité industrielle

L’industrie et les activités manufacturières reposent sur les combustibles fossiles, l’exploitation minière et des procédés industriels à forte empreinte carbone, comme la fabrication de produits chimiques, de composants électroniques ou de matériaux de construction. À cela s’ajoutent la chaleur et l’énergie nécessaires aux procédés industriels et aux machines utilisées. En 2021, l’industrie représente ainsi 17% des émissions de GES mondiales.

Les transports

La majorité des moyens de transport utilisent des combustibles fossiles (notamment le pétrole transformé en essence), qui sont une source importante d’émissions de GES et contribuent au réchauffement climatique. Le secteur des transports est le 2e secteur le plus émetteur de GES en 2021 (21% des émissions des GES mondiales). 

Si le transport aérien est souvent pointé du doigt, le transport routier est celui qui a le plus d’impact : en 2019, 70% des émissions du secteur des transports étaient liées au transport routier, marchandises et voyageurs confondus. Le poids de l’empreinte carbone des transports et son impact sur le changement climatique souligne la nécessité de développer des infrastructures durables (transports en commun) et des véhicules à faible émission de GES (électriques, hybrides).

La production alimentaire

Nourrir 8 milliards d’être humains n’est pas sans conséquence sur la planète. L’élevage et l’agriculture ont atteint des niveaux de production intensifs qui augmentent leur impact et en font des causes du réchauffement climatique.

En agriculture, les émissions de GES ont plusieurs sources :

  • les engrais et effluents d’élevage ;
  • les équipements agricoles alimentés par des combustibles fossiles ; 
  • la consommation des ressources, comme l’eau pour l’irrigation ; 
  • la distribution, l’emballage et le transport des denrées produites.

L’élevage intensif a des conséquences sur les écosystèmes et la biodiversité en raison de la déforestation, au profit de champs et de prairies pour nourrir et élever moutons, vaches et autres animaux. En 2020, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture estime que 5 milliards d’hectares sont destinés aux terres agricoles, soit 38% des terres émergées, et deux tiers de cette surface sont des pâturages et prairies destinés à l’élevage. Ces troupeaux ont eux-mêmes un impact sur l’environnement à travers la digestion des aliments : la fermentation entérique des bovins représente 40% des émissions de GES agricoles. 

Enfin, la pêche joue aussi un rôle dans le dérèglement climatique. La surpêche augmente la mortalité de certaines espèces, ciblées ou non ciblées, et affecte des espèces protégées, prises dans les filets ou blessées. La pêche au chalut de fond contribue également à la destruction des habitats marins naturels. Le réchauffement des océans, leur acidification et la pêche participent à la destruction des coraux et la disparition d’espèces nécessaires au maintien des chaînes alimentaires et de l’équilibre global.

Les infrastructures et l’urbanisation

Autres causes du réchauffement climatique : l’extension des zones urbaines et la bétonisation au profit de la préservation des espaces verts et des habitats naturels dans les zones habitées. La construction de nouvelles infrastructures (logements, commerces, routes, sites industriels) mènent à la déforestation de certaines zones et pollue les cours d’eau, ce qui fragilise les écosystèmes locaux. 

La bétonisation des villes les rend moins aptes à s’adapter au changement climatique et accroît la hausse des températures. Enfin, la consommation énergétique des bâtiments et les matériaux de construction sont à l’origine d’une très forte empreinte carbone : en 2022, un rapport des Nations Unies sur l’état mondial des bâtiments et de la construction indiquait que le secteur était à l’origine de 37% des émissions mondiales de CO2.

Quelles sont les conséquences du changement climatique pour l’Homme et la planète ?

Le changement climatique a des conséquences majeures sur la biodiversité et les populations humaines. Les activités anthropiques doivent s’adapter à des risques nouveaux, les anticiper et agir pour les atténuer sur le long terme. 

Les activités qui causent le réchauffement climatique sont aussi menacées par ce dernier : les risques naturels (sécheresse, par exemple) mettent en péril le secteur agricole et les élevages, les infrastructures qui détruisent l’environnement sont à leur tour affectées par la montée des eaux ou les incendies. Et plus largement, l’ensemble des activités économiques et des entreprises qui subissent les conséquences du changement climatique.

Les conséquences environnementales du réchauffement climatique

Les conséquences les plus visibles du changement climatique sont celles sur l’environnement, et particulièrement l’augmentation des risques naturels. La hausse des températures, par exemple, provoque la fonte des glaces aux pôles et une montée progressive du niveau des océans, qui a augmenté de 6 cm sur les 20 dernières années. D’après la WWF, le taux de fonte des glaces a augmenté de 65% en 30 ans et menace de plus en plus l’habitat naturel de certaines espèces (ours polaires, pingouins, phoques). Cette fonte est aussi responsable de l’augmentation des émissions de méthane, et la montée du niveau des eaux menace les littoraux habités : d’après les Nations Unies, 680 millions de personnes vivent dans des zones côtières au relief très bas et sont directement menacées. 

Le changement climatique est également responsable de l’augmentation de la fréquence et de la puissance de phénomènes naturels comme les tempêtes, les tsunamis, les sécheresses ou les inondations, avec des répercussions sur les milieux naturels et les populations.

Les conséquences du réchauffement climatique sur la biodiversité

Les espèces animales et végétales sont directement affectées par le réchauffement climatique, et par la destruction ou fragilisation de leurs habitats naturels par les activités humaines et leurs impacts (pollution, surpêche). L'Union internationale de la nature (UICN) estime qu’environ 44 000 espèces sont menacées dans le monde : 26% des mammifères, 41% des amphibiens, 12% des oiseaux, 37% des requins et raies au niveau mondial. 

Cette fragilisation de la faune et de la flore a des conséquences pour les hommes : 2,4 milliards de personnes ont besoin de bois pour cuisiner et peuvent être affectées par la déforestation tandis que 100 millions de personnes vivent de la pêche de capture à petite échelle.

Les conséquences du changement climatique sur les humains

Une autre conséquence du réchauffement climatique est l’augmentation des risques sanitaires pour les populations humaines, et le développement de maladies infectieuses comme le paludisme, la dengue et d'autres maladies transmises par exemple par des insectes qui prolifèrent, ce qui accroît également les risques pandémiques.

À cela s’ajoute l’accroissement des urgences humanitaires liées aux canicules, inondations, tempêtes et autres phénomènes naturels de grande intensité et ampleur. Ces risques sont au cœur de l’augmentation des migrations environnementales, aussi appelées migrations climatiques, qui désignent des déplacements massifs de population. D’après l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), plus de 200 millions de personnes ont été déplacées au cours de la dernière décennie, tandis que l’UNICEF estime que 43,1 millions d’enfants ont fait l’objet de déplacements internes en raison de catastrophes climatiques. 

Enfin, le réchauffement climatique exacerbe l’insécurité alimentaire, en affectant directement les  rendements agricoles, l’approvisionnement et l’accès à l’eau potable. Cela aggrave les crises alimentaires dans les zones de guerre. En 2023, le rapport international sur les crises alimentaires (GRFC) estime qu’environ 281 millions de personnes dans 59 pays étaient dans une situation d’insécurité alimentaire aiguë, particulièrement au Congo, au Nigéria et au Soudan.

Existe-t-il des solutions pour lutter contre le changement climatique ?

À l’échelle internationale, l’Accord de Paris signé en 2015 et les Conférences des Parties (COP) annuelles fixent des objectifs de réduction des émissions de GES et détaillent des mesures à mettre en place à l’échelle des pays pour limiter l’impact de leurs activités sur le réchauffement climatique. 

La lutte contre le changement climatique doit s’effectuer à toutes les échelles, à travers des petits gestes citoyens et des mesures de grande ampleur. Les entreprises de tous les secteurs ont un rôle à jouer pour agir contre le réchauffement climatique, et ont à leur disposition des solutions à adopter pour assurer un avenir plus durable.

 

Sources :

Chiffres clés du climat France, Europe et Monde - édition 2023, Statistiques développement durable

Causes du changement climatique, Organisation des Nations Unies

Le changement climatique, ADEME

Ce qu’il faut retenir du 6e rapport d’évaluation du GIEC, Gouvernement

Infographies : les émissions de gaz à effet de serre dans l’Union européenne, Toute l’Europe

Les indicateurs du changement climatique ont atteint des niveaux records en 2023, Organisation météorologique mondiale