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Énergie verte : définition, avantages et enjeux pour les entreprises

  • Temps de lecture: 9 - 10 min
Energie verte
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Dans le contexte de l’urgence climatique, il est essentiel d’accroître l’utilisation des énergies vertes, que ce soit pour se chauffer ou s’alimenter en électricité – y compris au sein des entreprises.

Du solaire à l’éolien en passant par la biomasse, les énergies vertes n’ont plus à prouver leur place en tant que pilier de la transition énergétique. Ces sources considérées pour la plupart comme renouvelables offrent une alternative durable aux énergies fossiles, tout en nous aidant à réduire nos émissions de gaz à effet de serre pour répondre au réchauffement climatique. Accroître leur utilisation et leur part au sein de notre mix énergétique est donc indispensable pour construire un futur plus vert. 

Dans ce contexte, les entreprises ont aussi un rôle essentiel à jouer. Mais comment peuvent-elles concrètement verdir leur consommation énergétique ? Quels sont les avantages des énergies vertes et comment les sociétés peuvent-elles en tirer parti tout en maintenant leur croissance ? Big média vous donne les clés de l’énergie verte pour votre entreprise.

Qu’est-ce que l’énergie verte ?

La définition de l’énergie verte

L’énergie verte désigne une énergie possédant deux caractéristiques : 

  • elle est issue de ressources naturelles durables, qui sont disponibles en quantité illimitée ou qui se reconstituent plus rapidement qu’elles ne sont consommées ;
  • elle est propre, c’est-à-dire qu’elle ne produit pas ou extrêmement peu de déchets d’exploitation et/ou ou d’émissions de gaz à effet de serre (GES).

L’énergie verte présente donc de nombreux avantages dans la lutte contre le réchauffement climatique : son impact environnemental est faible et elle offre une alternative aux énergies fossiles, comme le pétrole, le gaz naturel ou le charbon, qui sont menacés d’épuisement en raison de leur extraction, de leur exploitation et de leur utilisation intensive, responsable du réchauffement planétaire et du changement climatique.

En France, plusieurs acteurs du secteur de l’énergie se sont engagés dans la production d’énergie verte, tels qu’EDF et Engie.

Quelle est la différence entre énergie verte et énergie renouvelable ?

Dans le langage courant, les termes « énergie verte » et « énergie renouvelable » (EnR) sont souvent utilisés de manière interchangeable. Il est pourtant possible d’opérer certaines distinctions.

L’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) définit les énergies renouvelables comme des « énergies dérivées de processus naturels en perpétuel renouvellement, notamment celles d’origine solaire, éolienne, hydraulique, géothermique ou végétale (bois, biocarburants, etc.) ». Si les EnR ont la capacité de se reconstituer, cela ne signifie pas pour autant qu’elles ne produisent pas de déchets.

Quant à l’énergie verte, elle peut inclure certaines pratiques et technologies (fabriquées de manière éco-responsable, par exemple) qui vont au-delà de la simple utilisation d'une source d’EnR. En somme, l’énergie verte, qui est dite « propre », peut être considérée comme une sous-catégorie plus spécifique d’EnR, qui vise un impact environnemental le plus faible possible. 

Toutefois, on peut noter que l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) et le Ministère de la Transition Écologique font usage uniquement du terme « énergie renouvelable » pour désigner cet ensemble.

Pour définir le degré de « propreté » d’une énergie, il faut calculer son empreinte carbone. Cela comprend notamment l’analyse de cycle de vie (ACV), qui permet de mesurer l’impact environnemental direct et indirect causé par la production d’énergie, de la construction des équipements jusqu’au recyclage, en passant par la distribution, l’exploitation, etc. L’empreinte carbone est mesurée en grammes d'équivalent CO2 par kilowattheure, c’est-à-dire la quantité de CO2 émise pour produire un kWh d’électricité. De nombreux facteurs peuvent faire évoluer le taux d’émissions, tels que la localisation, la technologie utilisée ou encore les variations climatiques.

Comparaison énergies vertes

Les émissions calculées en grammes de CO2 équivalent par kilowattheure produit générées par les différentes sources de production d’électricité en France. Source : ADEME

Les différentes sources d’énergie verte

Il existe plusieurs types d’énergies vertes, pleinement développées et intégrées au mix énergétique national.

  • L’énergie éolienne, qui génère de l’électricité grâce au vent. Elle peut être captée en mer ou sur terre grâce à des éoliennes.
  • L’énergie solaire (photovoltaïque, thermique et thermodynamique), qui produit de l’électricité ou de la chaleur via des panneaux photovoltaïques ou des capteurs thermiques.
  • L’énergie hydraulique, dont l’électricité est générée par des barrages hydroélectriques.
  • La biomasse, qui vise la production de chauffage (via le bois-énergie, considéré comme renouvelable dans la mesure où la forêt est gérée de façon durable), de chaleur, d’électricité, de biogaz (méthanisation) et de biocarburants, par la combustion de matières organiques, qu’elles soient d’origine végétale ou animale.
  • La géothermie, qui exploite l’énergie issue de la chaleur des sols et permet notamment d’alimenter des réseaux de chaleur. Il s’agit d’une des rares EnR sans intermittence.
  • L’énergie marémotrice, générée à partir des courants marins, des vagues et des marées et qui sert à produire de l’électricité.
Bon à savoir : Le nucléaire est-il une énergie verte ?
Il s’agit là d’un vrai sujet de débat, car si le nucléaire est considéré comme une énergie décarbonée, qui n’émet pas de GES dans l’atmosphère, elle n’est pas pour autant renouvelable en raison de son mode de production basé sur l'uranium, une ressource limitée, et des déchets radioactifs produits. Le nucléaire n’est donc pas une énergie verte à proprement parler. Pour autant, le Parlement européen l’a officiellement qualifié d’énergie verte en 2023, l’incluant parmi les technologies vertes à soutenir au même titre que les EnR. La France quant à elle a élaboré une stratégie nationale ambitieuse de développement du nucléaire, via le plan France 2030, qui comprend des projets de nouveaux réacteurs pour son parc de centrales nucléaires. Un effort qui répond aux objectifs du pays d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

 

Selon des données provisoires du Ministère de la Transition Écologique, les EnR représentaient 22,2% de la consommation d’énergie primaire de la France en 2023, contre 8,8 % en 2012. Un chiffre en constante croissance, même si les énergies renouvelables n’occupent toujours que la quatrième place dans le mix énergétique du pays, derrière le nucléaire (36 %), les produits pétroliers (30 %) et le gaz naturel (16 %). 

Production primaire d'énergies renouvelables par filière en 2022
Source : Ministère de la Transition Écologique

 

Les énergies renouvelables en France - Données 2022
Source : Ministère de la Transition Écologique

Les enjeux de l’énergie verte pour la transition énergétique

Les énergies propres présentent ainsi de nombreux avantages pour l’environnement et constituent donc l’un des piliers de la transition énergétique de notre société et de notre économie vers des modes de production plus durables et respectueux de la planète. Elles offrent à la fois une alternative aux ressources fossiles, utilisées massivement aujourd’hui pour la production d’électricité et de chaleur, et une solution aux enjeux de réduction des émissions de CO2 et autres GES.

C’est pourquoi la France a mis en place une série de mesures gouvernementales visant à encourager la production d’énergie verte.

  • La Loi Énergie-Climat de 2019, qui fixe un objectif de 33 % d’énergies renouvelables dans la consommation finale brute du pays en 2030. Elle instaure également une obligation d’installation de « panneaux solaires photovoltaïques ou tout autre procédé de production d'énergies renouvelables ou de végétalisation » pour les nouveaux entrepôts et bâtiments commerciaux dont l’emprise au sol atteint ou dépasse les 1000 mètres carrés.
  • La Loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (TEPCV), dont l’une des ambitions est d’accroître la part des EnR par usage (au moins 38 % de la consommation finale de chaleur, 15 % pour le carburant et 40 % pour la production d’électricité).

Au niveau européen, les États membres ont revu leur objectif 2030 à la hausse, de 32% à 42,5%, dans le cadre de la nouvelle directive sur les énergies renouvelables (RED III).

Objectifs 2030
Source : Notre-environnement.gouv.fr

 

Quels sont les choix d'énergie verte disponibles pour les entreprises françaises ?

L’électricité verte pour les entreprises

L’électricité dite verte est produite à partir d’énergies renouvelables (hydraulique, solaire, éolienne, géothermie ou biomasse). En France, la part d'EnR dans la production d'électricité s'élevait à 24,4 % en 2021.

Les atouts de l’électricité verte ?  Elle rejette peu de CO2. Selon l’ADEME, la production d’1 kWh d’électricité avec une éolienne émet 7 grammes de CO2, contre 1060 grammes avec du charbon. Et elle évite la génération de déchets radioactifs, le nucléaire restant la principale source de production d’électricité (61 % en 2022).

Les entreprises peuvent faire le choix de l’autoconsommation (en produisant elles-mêmes leur l’électricité via des panneaux photovoltaïques, par exemple) et/ou souscrire à une offre d’électricité verte, désignée ainsi lorsque le fournisseur est en mesure de prouver qu’il a produit ou acheté autant d’énergie d’origine renouvelable que celle consommée par les clients de cette offre.

Le gaz vert pour les entreprises

Le gaz vert est un gaz renouvelable produit à partir de déchets organiques. Il est parfois appelé biogaz ou biométhane : les deux termes désignent en réalité du gaz vert à des stades différents.

Le biogaz est le résultat du procédé de méthanisation, qui désigne le processus naturel biologique de dégradation de matières organiques (résidus agricoles ou domestiques). Il est composé à 60% de méthane et à 40% de CO2 et présente les mêmes propriétés que le gaz naturel. Il peut être utilisé pour générer de l’électricité ou de la chaleur ou être valorisé, par épuration, en biométhane (100% méthane). Ce dernier, quant à lui, peut servir de carburant pour les véhicules à gaz naturel (GNV) ou être injecté dans le réseau de gaz naturel.

Les avantages du gaz vert sont nombreux : il participe à la décarbonation des secteurs qui en consomment en offrant une alternative propre au gaz naturel et il permet de créer des dynamiques d’économie circulaire avec le monde agricole, via la valorisation agronomique des digestats (résidus de matières organiques issus du procédé de méthanisation). Autre atout pratique : les chaudières qui fonctionnent au gaz sont compatibles avec le gaz vert, sans aucune adaptation.

Selon le Ministère de la Transition Écologique, la production d’électricité à partir de biogaz en France s'élevait à 3,0 TWh en 2023, soit 0,7 % de la consommation électrique du pays sur cette période.

Pour recourir à cette énergie renouvelable, les entreprises peuvent souscrire à une offre de gaz vert auprès d’un fournisseur d’énergie.

 

Bon à savoir : Les Garanties d’Origine (GO) assurent la traçabilité de l'électricité verte et du gaz vert
Ce mécanisme, présent dans toute l’Union européenne, est défini par Engie comme « un document électronique certifiant que de l’électricité a été produite à partir d’une source d’énergie renouvelable et injectée sur le réseau électrique. » En somme, le certificat garantit aux utilisateurs que le nombre de kWh qu’ils consomment est bien réinjecté sous la forme d’électricité verte ou de gaz vert sur le réseau de distribution en quantité égale. Toutefois, cela ne signifie pas que l’électricité consommée est directement issue d’EnR.

 

Comment choisir un fournisseur d’énergie verte pour votre entreprise en France ?

Les entreprises ont la possibilité de choisir un fournisseur d’énergie verte, qu’il s’agisse d’électricité verte ou de gaz vert, en suivant la même démarche que pour un fournisseur classique. Lors de cette sélection, il convient de prendre en compte certains critères tels que : l’origine de l’électricité et du gaz, le prix de l’énergie et la qualité du service client.

Attention : parmi les offres d’électricité dite verte, il n’est pas garanti que l’électricité achetée provienne d’énergies renouvelables, et ce, malgré l’utilisation du terme « vert ». Cela est dû au fonctionnement du marché européen et des certificats de Garanties d’Origine (voir encadré ci-dessus).

Pour y voir plus clair, vous avez la possibilité de faire appel à à un courtier en énergie, pour comparer les offres et vous aider à trouver les contrats d’énergie verte les plus adaptés à votre entreprise, vos besoins et attentes.

Vous pouvez également vous référer au label VertVolt de l’ADEME : il garantit aux consommateurs une électricité produite à partir d’énergies renouvelables, pour plus de transparence. 

Il récompense deux niveaux d’engagement : 

  • le niveau 1 (engagé) pour le fournisseur qui s’approvisionne auprès de producteurs d’énergies renouvelables en France et achète une quantité d’électricité équivalente à celle qu’il vend aux consommateurs ;
  • le niveau 2 (très engagé) pour le fournisseur qui respecte les critères du niveau 1 et achète au moins 25% de cet électricité à des « installations mises en place par des collectivités territoriales avec une gouvernance partagée (dans le cadre des projets citoyens, par exemple) ou par d’autres acteurs mais sans soutien public  ».

À ce jour, huit fournisseurs ont obtenu le label VertVolt : Alterna, EDF, Enercoop, Engie, GEG, ilek, La Bellenergie et Octopus Energy.

Quels engagements pour être labelisé VertVolt
Source : ADEME

Avantages et bénéfices de l'énergie verte pour les entreprises françaises

Développer l’usage de l’énergie verte au sein de votre entreprise présente de nombreux avantages et bénéfices d’un point de vue environnemental, économique et réputationnel.

Cette démarche permet notamment de : 

  • contribuer à la lutte contre le dérèglement climatique, en répondant aux défis de la réduction des émissions de GES, de la lutte contre la pollution de l’air et de la préservation de l'environnement et de la biodiversité ;
  • diminuer sa dépendance aux combustibles fossiles et renforcer son indépendance énergétique, évitant ainsi à votre entreprise d’être assujettie aux fluctuations des prix de l’énergie et des considérations géopolitiques ;
  • accélérer la transition énergétique de la société, au même titre que d’autres piliers tels que des travaux de rénovation énergétique, l’autoconsommation, la mise en place d’une stratégie de mobilité verte, etc. ;
  • réduire sa facture d’énergie sur le long terme, une fois les coûts d’installation amortis, via la production de votre propre énergie (panneaux solaires, éoliennes). Une surproduction peut vous permettre de revendre le surplus d’énergie et vous offrir une rentrée d’argent supplémentaire ;
  • soutenir le développement de l'énergie verte en France et stimuler l’économie verte de manière plus générale, en contribuant à la création d’emplois dans le secteur des EnR, l’un des plus dynamiques de l’Hexagone ;
  • améliorer votre marque employeur auprès de vos clients, vos collaborateurs et d’éventuels futurs employés, grâce à un engagement affiché en faveur d’un futur plus durable.

Les subventions pour encourager l'utilisation de l'énergie verte

Les entreprises peuvent recourir à plusieurs aides financières et subventions pour financer leurs projets d’énergie verte : 

  • les différents appels à projet de l’ADEME, telle que l’Aide à l'investissement de l'offre industrielle des énergies renouvelables, qui vise à soutenir des projets d’investissement à même de développer les capacités industrielles dans le domaine des EnR ;
  • le Fonds Chaleur de l’ADEME et ses différentes aides pour les projets d’infrastructure d’EnR (Études pour une installation hydroélectrique, Équipements pour l'approvisionnement de chaufferies bois du Fonds chaleur, Contrat Chaleur Renouvelable, Installation de production d'eau chaude solaire thermique, etc.) ;
  • le Prêt Énergie Environnement de Bpifrance ;
  • le Prêt Industrie Verte de Bpifrance ;
  • le Prêt Vert de Bpifrance ;
  • le Prêt Action Climat de Bpifrance ;
  • le crédit d’impôt pour la rénovation énergétique pour les TPE et PME, qui concerne certaines dépenses visant l’amélioration de l’efficacité énergétique des locaux à usage tertiaire (installation d’un chauffe-eau solaire collectif ou encore d’une chaudière biomasse).

Exemples d’entreprises françaises qui ont intégré l’utilisation d’énergie verte dans leur stratégie de développement durable

Comment les entreprises peuvent-elles intégrer l'énergie verte dans leur stratégie de développement durable ?

Dans son étude « Les PME - ETI face aux enjeux climatiques : de la résilience à l’opportunité, les clés du passage à l’action », Bpifrance Le Lab a identifié 11 PME-ETI précurseurs en matière d’accélération de la transition climatique dans les secteurs de l’industrie, du transport, de l’énergie, du commerce, du bâtiment et de l’agriculture. Parmi les chantiers sur lesquels ces entreprises travaillent, le déploiement d’énergies peu ou pas carbonées tient une place importante.

On peut citer par exemple le cas de Pelinte, PME dans le secteur de l’industrie du textile, qui a mis en place une stratégie RSE globale depuis 2018. Son objectif : limiter l’impact carbone de ses produits et répondre aux attentes de ses clients. Pour cela, l’entreprise a choisi d’approvisionner ses sites en électricité renouvelable, notamment pour son siège social à Paris, en passant par la signature d’un contrat d’énergie verte.

La coopérative Scara a quant à elle lancé une démarche de transition énergétique via l’usage des EnR, avec en particulier la mise en route d’un méthaniseur. Cette unité de méthanisation, dont la construction a été achevée en 2019, est alimentée par les récoltes de cultures intermédiaires à vocation énergétique (CIVE), assurant ainsi un nouveau débouché aux agriculteurs du territoire. Le reliquat est utilisé comme fertilisant tandis que le biogaz produit est injecté dans le réseau GTRGaz.

 

Sources :

Chiffres clés des énergies renouvelables - Édition 2023, Ministère de la Transition Écologique

Les énergies renouvelables, Ministère de la Transition Écologique

Les PME - ETI face aux enjeux climatiques : de la résilience à l’opportunité, les clés du passage à l’action, Bpifrance Le lab

VertVolt, un label pour choisir son électricité verte, ADEME

Avis de l'ADEME sur les énergies renouvelables et de récupération, ADEME

L’énergie, Notre-environnement.gouv.fr

Où en est la France par rapport à ses objectifs en matière d’énergies renouvelables ?, Notre-environnement.gouv.fr

Biogaz, Ministère de la Transition Écologique