Techbio : Aqemia révolutionne la recherche de molécules thérapeutiques à l’aide de l’IA

En associant intelligence artificielle générative et physique théorique, Aqemia entend bien développer les nouveaux médicaments de demain, notamment contre le cancer. Si l’entreprise a récemment conclu un partenariat avec Sanofi, elle travaille également sur le développement de ses propres molécules thérapeutiques. Rencontre avec Maximilien Levesque, cofondateur et dirigeant de la techbio.

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Emmanuelle et Maximilien Aqemia
Emmanuelle Martiano Rolland (à gauche) et Maximilien Levesque (à droite) les deux fondateurs de la techbio Aqemia

« On veut devenir un moteur de recherche de médicaments révolutionnaire », partage d’emblée Maximilien Levesque, cofondateur d’Aqemia, une techbio qui recherche et développe des médicaments grâce à un algorithme unique d’intelligence artificielle (IA). Il y a quatre ans, il cofonde Aqemia aux côtés d’Emmanuelle Martiano, après avoir dirigé un groupe de recherche CNRS au sein de l’Ecole Normale Supérieure. « Je faisais de la physique statistique et quantique des liquides à l’échelle atomique ». C’est lors de ces années de recherche que Maximilien Levesque met au point une formule fondamentale. « J’ai résolu une équation mathématique que d’autres chercheurs essayaient de résoudre depuis longtemps. Une société américaine leader dans la recherche de médicaments est venue me proposer de la racheter lorsque j’étais encore à l’ENS », se rappelle l’entrepreneur. Alors conscient de l’utilité de son invention pour le monde pharmaceutique, Maximilien Levesque envisage de se servir de cette technologie pour développer des médicaments dans le domaine de la santé

Mêler intelligence artificielle et physique atomique quantique 

« A ce moment-là, j’ai réalisé que l’endroit où je serais le plus utile dans le monde était au sein de ma propre entreprise avec la technologie que j’avais développée pour créer de nouveaux médicaments », partage le dirigeant de la techbio. L’année suivante, il participe au concours de startups de l’ENS, remporte le prix et rencontre par la même occasion Emmanuelle Martiano, diplômée de CentralSupélec et consultante Principal au Boston Consulting Group, un cabinet de conseil en stratégie, depuis 9 ans. En 2019, c’est à ses côtés qu’il lance Aqemia, entre intelligence artificielle générative et physique atomique. Si l’IA, sur la base de l’équation résolue, invente des molécules et des principes actifs, c’est bien la physique atomique quantique et statistique qui vient corriger les propositions. « La physique théorique joue un rôle de professeur pour améliorer les molécules poussées par l’intelligence artificielle », explique l’expert.  

Aujourd’hui, ce sont soixante collaborateurs de l’entreprise issus de tous horizons qui travaillent quotidiennement sur des molécules qui donneront naissance à des candidats médicaments. « Nous avons trois molécules destinées à soigner le cancer qui sont aujourd’hui en test sur des souris », s’enthousiasme le CEO d’Aqemia. Ces molécules, qui rencontrent de très bons résultats lors des premières phases de tests, s’adressent directement aux cellules cancéreuses ou sont destinées à éduquer le système immunitaire pour qu’il s’attaque de lui-même à ces cellules. « En 4 ans, j’ai pu voir tout le travail et le progrès entre une formule mathématique et une vraie molécule qui fait réduire la taille d’une tumeur sur une souris », appuie Maximilien Levesque.  

Aqemia espère entrer en phase d’essais cliniques après des premiers résultats concluants 

En plus de la recherche et du développement de médicaments en propre, Aqemia vient de signer un partenariat avec Sanofi pour un montant de 140 millions de dollars. « Ils apportent les cibles thérapeutiques, c’est à dire ce qui rend les patients malades, et nous sommes chargés d’inventer les molécules thérapeutiques actives sur ces cibles », complète le CEO de la techbio. Après avoir travaillé avec le grand groupe pharmaceutique sur des cibles cancéreuses et obtenu des preuves de la performance de leur IA générative, l’idée est aujourd’hui de développer de nouveaux projets de recherche. Avec cette nouvelle collaboration, Aqemia élargit son champ d’action à d’autres maladies et aires thérapeutiques telles que l’immunologie. Ce partenariat s’ajoute à ceux déjà conclus avec Servier ou encore Janssen.   

L’entreprise, qui vient de boucler un tour de table de 30 millions d’euros portant à 60 le montant total levé, a donc de beaux jours devant elle. Avec l’ambition d’avoir en propre un grand nombre de projets thérapeutiques, Maximilien Levesque espère être capable, dans un futur proche, de soigner des maladies incurables et devenir le moteur d’invention de médicaments, leader dans le monde entier. « On aimerait bientôt entrer en phase clinique car on ne veut pas s’arrêter à la recherche. Affaire à suivre… », conclut le dirigeant. 

Julie Lepretre

Julie Lepretre

Rédactrice web