Parité : où en sont les entreprises de l'Union européenne ?

Alors que la France a adopté plusieurs lois et mesures incitatives pour favoriser la mixité dans les instances de direction depuis plus de dix ans, voici quatre infos qui vous éclaireront sur les initiatives de nos voisins européens. 

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Parité  : où en sont les entreprises de l'UE ?

La France fait figure de bonne élève. “Le seuil minimal légal de femmes dans les instances de direction a été fixé à 40 % et atteint désormais les 46 %.”, déclare Caroline Ramade, fondatrice et dirigeante de 50intech, une plateforme de mise en relation pour les femmes dans la tech. Si la situation est au beau fixe en France, c’est, pour la dirigeante, grâce aux nombreuses législations et mesures incitatives favorisant la parité dans les instances de direction et conseils d’administration. Mais qu’en est-il dans les autres pays européens ? Voici quatre informations qui vous surprendront peut-être.  

La France en pole-position en termes de parité dans les instances de direction 

Depuis 2011, la loi Copé-Zimmermann incite les entreprises à féminiser les conseils d’administration des entreprises. “La France se situe aujourd’hui au premier rang mondial en termes de féminisation des conseils d’administration des grandes entreprises cotées, avec une proportion de plus de 46 % de femmes en 2021.”, relate le bilan de la loi Copé-Zimmermann réalisé par le Sénat. La France se situe d’ailleurs tout juste devant la Norvège, qui a choisi, dès 2003, d'exiger que les plus grosses entreprises comptent 40 % de femmes dans les conseils d’administration dans un délai de 5 ans.  

Seuls neuf des vingt-sept Etats membres disposent d’une législation nationale concernant l’égalité des genres dans les conseils d’administration 

Si la France peut se vanter de ses mesures incitatives comme sa loi Rixain, Copé-Zimmermann ou plus récemment son indice Egapro, les autres pays européens ne peuvent pas tous en faire autant. Sur les vingt-sept pays que compte l’Union européenne (UE), seuls neuf d’entre eux ont adopté une législation nationale sur la parité dans les conseils d'administration. Il en résulte de nombreuses inégalités concernant la représentation des femmes. Si en France, elles représentent 46 % des effectifs des conseils d’administration, en partie grâce à la loi Rixain fixant à 40 % le taux de parité, en Estonie, elles ne représentent que 9 % des effectifs. 

Depuis juin, l’UE a adopté une loi visant à favoriser la parité dans les instances de direction 

Les négociateurs des 27 Etats membres de l’Union européenne et le Parlement européen ont annoncé, mardi 7 juin 2022, que les sociétés cotées dans les pays de l’UE devront attribuer au moins 40 % de sièges non exécutifs aux femmes et près de 33 % des sièges exécutifs, d’ici 2026. “C’est un vrai symbole que l’Union européenne ait adopté une loi semblable à la loi Copé-Zimmermann. Cela signifie qu’on peut généraliser des initiatives locales qui fonctionnent, et ce sont autant d'opportunités de carrières pour les femmes dans les autres pays européens”, déclare la dirigeante de la plateforme 50intech. 

Il n’y a pas que les quotas qui favorisent la parité dans les entreprises  

Si les lois assurent des quotas de femmes à des postes à responsabilité, plusieurs pays européens ont adopté d’autres types de mesures permettant d’assurer une plus grande mixité au sein des instances de direction. “En Angleterre, Boris Johnson a annoncé le 8 mars dernier l’obligation de déclarer le salaire dans les descriptions des postes afin de réduire les inégalités salariales. Du côté de la Finlande, ce qui met tout le monde sur un pied d’égalité, c’est notamment la durée du congé paternité. Les femmes ne sont pas les seules à s’arrêter et il n’y a pas de discrimination à l’embauche.” argumente Caroline Ramade. 

Julie Lepretre

Julie Lepretre

Rédactrice web