Lucie Basch [Too Good To Go] : « Notre chiffre d’affaires est directement corrélé à la lutte contre le gaspillage alimentaire »

Présente sur la scène du Bang lors de Big 8, Lucie Basch, présidente de Too Good To Go, revient sur la responsabilité des entrepreneurs pour métamorphoser l’économie et relever les défis environnementaux.  

  • 01 février 2023
  • Temps de lecture: 2 min
Lucie Basch

« Il faut accélérer la transition ! », déclare Lucie Bash aux entrepreneurs venus écouter sa prestation lors de Big 8, le plus grand rassemblement autour de l’entrepreneuriat d'Europe. Co-fondatrice en 2015 de Too Good To Go, une startup qui lutte contre le gaspillage alimentaire, elle s’interroge sur le rôle actuel des chefs d’entreprises. D’après la présidente de la greentech, les entrepreneurs d’aujourd’hui, en plus d’être confrontés aux contraintes économiques, ont le devoir d’agir pour répondre aux défis sociétaux et environnementaux. « Est-ce possible de combiner l’impact écologique et social aux contraintes financières ? Je crois moi que c’est une nécessité », insiste-t-elle.  

Plus de 300 millions de repas sauvés de la poubelle  

« Aujourd’hui, on jette 40 % de ce qu’on produit sur la planète, et en France, on gaspille plus de nourriture qu’on en importe. Avec Too Good To Go, on cherche à répondre à cet enjeu. », explique l’entrepreneuse sur la scène du Bang. Le concept est simple et mise sur le principe du « gagnant-gagnant » entre les parties prenantes. Via une application mobile, les utilisateurs peuvent récupérer des aliments et des plats "à prix cassé", avant que ces derniers ne soient jetés. « Un système qui permet de multiplier par trois le pouvoir d’achat des consommateurs ». Le vendeur aussi est gagnant puisqu’en plus de lui permettre de réduire son gaspillage, il gagne en visibilité et en sympathie auprès des clients. « L’entreprise se finance grâce à une commission d’un euro par panier repas distribué. L’intérêt de ce système c’est que notre développement est forcément aligné avec notre raison d’être », explique Lucie Basch qui synthétise « Notre chiffre d’affaires est directement corrélé à la lutte contre le gaspillage alimentaire ».  

Aujourd’hui, en plus de l’application, l’entreprise met en place des actions pour faire évoluer les mentalités. « 50 % des Français ne font toujours pas la différence entre date limite de consommation et date de durabilité minimum », déplore la présidente de Too Good To Go, qui a lancé un programme éducatif avec des écoles primaires. « Nous avons passé des partenariats avec 10 % des écoles », se réjouit Lucie Basch, qui précise que son entreprise travaille aussi main dans la main avec des communes pour promouvoir des systèmes "anti-gaspi".  

En l’espace de sept ans, la société qui compte désormais plus de 1 200 salariés dans 17 pays, a déjà sauvé plus de 300 millions de repas de la poubelle. Une fierté tant pour la fondatrice, que pour les employés et les actionnaires de la greentech. « Aujourd’hui, l’apport sociétal participe autant au retour sur investissement que le résultat financier », conclut Lucie Basch.   

Martin Ferron
Martin Ferron Rédacteur Web