La coopération européenne pour favoriser le développement des entreprises françaises

Big média revient avec une nouvelle série Export&Vous pour soutenir les exportateurs dans leur défrichage des différentes régions du monde. Florent Buschiazzo, responsable régional Europe chez Bpifrance, nous parle de la situation sur le Vieux Continent. 

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La coopération européenne pour favoriser le développement des entreprises françaises
President of the European Commission Ursula von der Leyen. Source: European Commission

Après le Covid, la reprise. Dopées par l’investissement public et les plans de relance, les économies européennes ont connu un regain exceptionnel d’activité, ponctué d’un certain optimisme de la part des entrepreneurs. C’est ce que soulève Florent Buschiazzo depuis le bureau de Düsseldorf de Bpifrance. « Nous n’avions jamais vu autant d’opérations de croissance externe ! », illustre le responsable régional Europe. La tendance se voit mise à mal en février 2022, avec le début de la crise politique russo-ukrainienne : « On assiste à beaucoup plus de prudence en 2023 sur toutes les opérations à l’international ». En dépit des crises, les chiffres démontrent une certaine résilience : il n’y a jamais eu autant de créations d’entreprises en Suisse, ni même d’investissements en Europe de l’Est. La Pologne fait preuve d’une croissance exceptionnelle, notamment dans l’industrie. Sur la question de l’énergie, l’Europe réalise également qu’elle doit apporter des réponses, accélérant les discussions sur le sujet.  « On savait déjà en 2021 que la transition énergétique était le nouvel eldorado, mais il n’y avait pas vraiment encore de lignes directrices. Le nucléaire était totalement banni alors que les propos sont maintenant plus mesurés », relève Florent Buschiazzo.  

L’hydrogène, l’énergie d’avenir de l’Union européenne ? 

 « La Commission a proposé aujourd’hui un règlement européen pour une industrie à zéro émission [de CO2]  nette, afin d’intensifier la production de technologies propres dans l’UE et d’assurer que l’industrie européenne soit prête pour la transition vers une énergie propre », introduit l’institution dans un article du 16 mars 2023. Hydrogen Europe, Banque européenne de l’hydrogène, … les initiatives se multiplient pour rassembler les institutions et entreprises autour du développement de cette énergie. Début avril, Bpifrance a d’ailleurs accompagné huit apporteurs de solution français lors d’une mission en Allemagne, où le secteur y est particulièrement dynamique. La péninsule ibérique, moins soumise aux carences énergétiques en raison d’une plus grande indépendance vis-à-vis de l’énergie de l’Est, offre également de bonnes capacités d’implantation pour les entreprises. Toujours sur le pourtour méditerranéen, « l’Italie avait fait de la relance énergétique un objectif phare de son plan de relance. C’est une opportunité en or pour les entreprises françaises », note également Florent Buschiazzo. De façon globale, le responsable régional observe une recrudescence des subventions européennes et des appels à projets pour accompagner le développement des énergies propres. Des initiatives qui concernent de nombreux autres sujets d’actualité comme le quantique, la cybersécurité ou l’intelligence artificielle. « Nous avons encore beaucoup de savoir-faire européen à intégrer, mais celui de nos entreprises est aussi attendu ». Preuve, peut-être, d’un nouveau souffle pour la coopération européenne. 

« L’Europe est plus que jamais obligée à travailler ensemble » 

Sa posture étriquée entre les superpuissances étatsunienne et chinoise ne semble pas laisser d’autres choix à l’Europe que de se recentrer sur elle-même. « Avant, on travaillait ensemble comme le voulait les traités et accords, mais la souveraineté nationale primait. Aujourd’hui, en 2023, nous sommes plus que jamais obligés de travailler ensemble », affirme le responsable régional Europe. Appels à projet européens et subventions font alors d’autant plus sens. Sur le plan entrepreneurial, de nombreuses entreprises françaises font aussi le choix de grandir chez leurs voisins, de collaborer avec des centres de recherches et ingénieurs européens, dans l’espoir de devenir des licornes mondiales. C’est ce qu’ont fait Quandela, Quanto ou Doctolib en se développant en Allemagne. Les relations franco-allemandes devraient aussi connaître un certain essor cette année, 2023 marquant les 60 ans du Traité de l’Elysée. « Ce dernier cherchait à inciter les relations et les échanges, à l’origine diplomatique, entre la France et l’Allemagne », explique Florent Buschiazzo. « Son 60e anniversaire devrait favoriser les initiatives de coopération avec nos voisins allemands ».

Des opportunités de reprise et de consolidation

La coopération entre les pays européens sera d’autant plus précieuse que le Vieux Continent devrait très bientôt arriver dans une phase de cession de ses entreprises. Nombre d’entre elles vont en effet voir leurs dirigeants actuels partir à la retraite. En Allemagne, 600 000 entreprises seront cédées d’ici 2030, représentant un vrai potentiel de reprise pour les entreprises françaises et une opportunité de construire des groupes européens, selon le responsable régional. « Nous avons tendance à axer notre discours sur la création et le développement de startups, mais il y a énormément à fournir sur ce qui existe déjà, sur ces PME et ETI qui seront amenées à changer de partenaires ». Les programmes européens de coopération et l’intérêt des Français pour ces reprises pourraient ainsi continuer de cimenter la coopération européenne. 

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