Junior-Entreprise : quand les étudiants s'essayent à l'entrepreneuriat

Plébiscitées pour leurs vertus éducatives et professionnalisantes, les Junior-Entreprises, ou JE, sont présentes dans plus de deux cents établissements d’enseignement supérieur en France. Gestion financière et RH, démarches qualité et prospection commerciale, tout y passe pour plonger les étudiants dans l'entrepreneuriat.

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Avec 25 000 junior-entrepreneurs, la CNJE (confédération nationale des junior-entreprises) constitue le plus grand mouvement étudiant français. Une preuve de maturité pour un système d’initiative totalement étudiant, qui a vu le jour en 1967 avec la création de Junior ESSEC Conseil, la première JE. Cinquante ans plus tard, le modèle a parcouru du chemin en France et s’est même développé à l’international au travers des réseaux européen, nord-américain et brésilien. « Ce mouvement fédère depuis de nombreuses années un réseau remarquable d’associations qui sont le moteur d’une professionnalisation inédite. », déclare Graig Monetti, chef de Cabinet au sein du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

Un système qui prône le développement de compétences par la pratique

En intégrant la Junior-Entreprise de son école, l’étudiant se retrouve à gérer, à côté de ses études, une véritable entreprise. Au programme : prospection commerciale, trésorerie, politique RH, étude de marché, communication et même passage d’audits. Un modèle vertueux et formateur pour le président de la CNJE et étudiant de Toulouse Business School, Yanis Gannouni. « C'est aux étudiants de trouver des solutions pour faire tourner leur entreprise et développer leur structure. Tout ça aboutit à un réel développement de compétences par la pratique, et par ce qu'on pourrait qualifier de débrouillardise ».

Si la copie avec l’entrepreneuriat conventionnel est conforme, une différence majeure subsiste : la rémunération. Contrairement au monde de l’entreprise, les JE sont des associations à but non lucratif et à vocation éducative. Il n’y a donc pas de salaires à proprement parler pour les membres du bureau, le bénéfice pour les adhérents se situe ailleurs. « La majorité des revenus de l’association rétribue les étudiants-consultants qui ont effectué des missions pour les clients, explique le président de la CNJE. Le reste sert au développement de la structure, au paiement des frais courants comme l’expert-comptable ou la cotisation au mouvement ».

Stimuler l’innovation et l’apport d’idées nouvelles

Côté entreprise, de multiples raisons poussent les sociétés à faire appel à une Junior-Entreprise. D’après Yanis Gannouni, les clients s'attendent à obtenir des idées novatrices de la part des étudiants. « Dans la majorité des cas, les entreprises font le choix de travailler avec une JE pour obtenir un regard externe, jeune et innovant. Le résultat, c’est de l’innovation et l’apport d’idées nouvelles ». D’un autre côté, la collaboration avec les Junior-Entreprises permet à certains grands groupes de repérer de futurs talents et de prendre connaissance des attentes des jeunes actifs.

Malgré la pandémie, le mouvement a su trouver les ressources nécessaires pour conserver ses performances d’avant Covid. Le rapport d’activité 2020-2021 de la CNJE indique notamment la réalisation de 3 800 études sur l’année, pour un chiffre d’affaires moyen de 57 000 euros par association.

Martin Ferron

Martin Ferron

Rédacteur Web