Digital ethic officer : le prochain poste indispensable ?

Le digital ethic officer d’une entreprise est chargé de faire respecter les valeurs de la marque dans chaque projet digital. Candice Van Lancker, directrice confiance et éthique du numérique au sein du Groupe VYV, nous explique les enjeux autour de ce nouveau métier.

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ethique et numérique

Voici un cas d’école, qui figure dans bon nombre de manuels de marketing. La chaîne de supermarchés américaine Target a un jour compris qu’en étudiant les achats de ses clientes, elle pouvait déterminer celles qui étaient enceintes. Elle a donc décidé d’envoyer à toutes celles identifiées un coffret promotionnel pour préparer l’arrivée du bébé. C’est ainsi qu’elle l’a adressé à une mère… dont la fille était enceinte, révélant ainsi sa grossesse. Voici comment une analyse des données clients conduit au manquement éthique. Une catastrophe pour des entreprises qui affichent aujourd’hui leurs valeurs comme un étendard et pourraient facilement se faire épingler, confirme Candice Van Lancker, directrice confiance et éthique du numérique au sein du groupe VYV, le premier acteur mutualiste de santé et de protection sociale en France. « L’éthique du numérique, on commence à en parler quand il est trop tard. Pourtant, cela représente un risque d’image très fort. Toute entreprise devrait s’assurer que les valeurs qu’elle défend se retrouvent dans ses pratiques digitales. » 

Candice Van Lancker prend ainsi l’exemple de son groupe, qui prône un accès aux soins pour tous : « Imaginez si nos sites internet et donc nos services n'étaient justement pas accessibles à tous ! Notre digitalisation doit intégrer les besoins spécifiques des personnes âgées ou en situation de handicap. De manière générale, il faut que la réflexion concernant l’éthique soit partie prenante de toutes les étapes : idéation, création, développement et suivi. » 
 

Diffuser une culture éthique au sein de chaque service

Voici justement la raison pour laquelle le responsable de l’éthique numérique n’est pas forcément logé au sein de la direction informatique ou de la direction juridique. Son rôle n’est pas d’assurer la cybersécurité de l’entreprise ou sa conformité avec la réglementation, mais bien de diffuser une culture éthique au sein de chaque service digitalisé. Autant dire dans presque tous les départements donc, ce qui confère au digital ethic officer un statut de chef d’orchestre. « C’est ainsi que je vois mon poste : une vision à 360° avec comme ligne de mire la parfaite connaissance des enjeux et des réalités data et technologiques dans un projet numérique ; leur retranscription par rapport aux valeurs de l’entreprise ; impliquer les différentes directions et fonctions sur ces sujets. », explique Candice Van Lancker.

Un dialogue qui se joue en interne comme en externe, puisque l’éthique du numérique doit s’appliquer sur toute la chaîne de valeur de l’entreprise. « C’est une discipline mouvante. Elle ouvre un espace de réflexion et il ne faut pas hésiter à aller éveiller les consciences, jusque dans la direction générale de l’entreprise », encourage la directrice confiance et éthique du numérique du groupe VYV.  

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