5 bonnes nouvelles attestant de la vigueur de l’industrie française

Alors que la réindustrialisation du pays a été amorcée en 2017, le secteur est en pleine ébullition et fourmille d’initiatives pour construire l’industrie du futur. Retour sur les 5 bonnes nouvelles pour l’industrie française en 2022. 

  • Temps de lecture: 5 min
éolienne en mer

Respecter nos engagements climatiques, innover, former nos jeunes… L’industrie française est au cœur d’un processus global de construction d’une société plus verte, responsable et tournée vers le futur. En 2022, nous avons assisté à la mise en œuvre de changements et de projets qui nous permettent de croire à cette mutation vitale. Petit tour d’horizon. 

L’éolien en mer prend son envol 

L’année 2022 a été marquée par le véritable décollage de l’éolien en mer en France. Si près de 5 800 éoliennes de ce type sont implantées un peu partout en Europe, l’Hexagone faisait figure de mauvais élève puisque l’on n’en comptabilisait que 27, installées au large de Saint-Nazaire. Les éoliennes de ce parc, qui seront au nombre de 80 d’ici trois ans, ont commencé à produire de l’électricité cette année. Pour accélérer la cadence, le gouvernement français s’est fixé l’objectif de construire pas moins de 50 parcs éoliens en mers d’ici à 2050. Trois zones ont été identifiées : au large de Dieppe et du Tréport, à proximité de Noirmoutier et de l’île d’Yeu, mais également en Méditerranée aux alentours de Port-la-Nouvelle. Ce dernier parc doit produire de l’électricité verte pour 50 000 personnes (30 MW générés) grâce à trois éoliennes. De l’électricité verte sera ainsi disponible pour 1,6 million de personnes et 1 500 emplois directs seront créés à l’horizon 2025. 

L’industrie aérospatiale française rayonne à l’international 

Le 16 novembre dernier, la fusée la plus puissante du monde décollait dans le cadre d’une mission marquant le retour de l’Homme sur la Lune. L’Agence Spatiale Européenne (ESA), composée de nombreux Français, s’est imposée depuis quelques années comme un partenaire de choix de la NASA dans l’exploration spatiale. Le New Space tricolore, regroupant de nombreuses startups, affiche également ses ambitions en développant de nouveaux produits et en inventant le tourisme spatial de demain. On peut citer notamment Gamma qui souhaite utiliser la lumière du Soleil comme source d’énergie, Kinéis, l’opérateur satellitaire de connectivité globale dédié à l’internet des objets, ou encore Zephalto, qui ambitionne d’organiser des voyages dans l’espace sans impact écologique. Ces startups ont gagné la confiance des institutions, en témoigne les premières assises du New Space qui se sont tenues à Paris en juillet 2022. En présence d’Airbus, de Safran et du CNES (Centre national d’études spatiales), l’objectif est de consolider et de structurer le New Space français afin de poursuivre sa marche en avant à l’international. 

Un plan Startups et PME industrielles pour booster l’innovation 

Au premier semestre 2022, le plan Startups et PME industrielles était lancé afin de favoriser la réindustrialisation du pays par l’innovation. L’objectif étant de rapprocher deux communautés : les entrepreneurs de la French Tech avec les PME et ETI de La French Fab, afin d’insuffler le renouveau industriel français. L’innovation est en effet un levier majeur de compétitivité pour l’industrie et la réindustrialisation des territoires, comme le révèle la dernière étude Bpifrance. En ligne de mire, les enjeux de souveraineté technologique, de résilience dans un système interdépendant, de décarbonation de l’industrie, de modernisation de l’appareil de production et de digitalisation des entreprises industrielles.  

L’industrie, secteur d’avenir pour la jeune génération 

L’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) a publié un rapport cette année, spécifiant que le secteur industriel recrute chaque année 250 000 personnes, tous niveaux confondus. Avec les nombreux départs à la retraite, la naissance de nouvelles entreprises, mais aussi à la dynamique de réindustrialisation du pays, 90 000 offres d’emploi cherchent preneurs sur l’ensemble du territoire en 2022. Pour répondre à cette ambition de réindustrialisation par la formation des jeunes et la création d’un vivier de candidats qualifiés, le gouvernement prévoit d’ailleurs la naissance de nouvelles écoles de production. De 43 aujourd’hui, elles passeront à une centaine d’ici à 2028. Recrutement à la pelle, évolution de carrière rapide, salaires attractifs : le secteur possède de sérieux atouts pour encourager la jeunesse à s’y engager. Cette dernière, très sensible à la question écologique plus que jamais en quête de sens dans son travail de tous les jours, y voit l’opportunité de changer concrètement la société. « Ce secteur représente l’opportunité de pouvoir être au cœur d’enjeux principaux actuels mais aussi futurs. On observe des impacts importants dans le monde d’un point de vue écologique. L’industrie est l’endroit où il faut être pour faire changer les choses », nous confiait Stanislas Faure, ingénieur process chez Ÿnsect. 

La captation du CO2 industriel, nouvel eldorado 

La récupération, le stockage et la valorisation des émissions de CO2 sont un moyen de répondre concrètement à l’urgence climatique. L’objectif principal de la captation de CO2 est de séquestrer les gaz à effet de serre avant qu’ils ne soient rejetés dans l’atmosphère. En 2022, une entreprise comme NetZero produit, à partir de biomasse résiduelle, du biochar, permettant de séquestrer le carbone dans les sols sur du long terme. Grâce à cette technologie, la greentech prévoit d’ôter de l’atmosphère 2 millions de tonnes de CO2 par an d’ici à 2030. Une bonne nouvelle lorsque l’on sait que l’industrie est le quatrième secteur qui pollue le plus en France et que l’objectif de neutralité carbone est fixé à 2050. 

Simon NAPIERALA

Simon Napierala

Redacteur web