3 métamorphoses qui marquent le secteur du textile, selon Guillaume Gibault du Slip Français

Après plus 10 ans  à la tête du Slip Français, Guillaume Gibault, fondateur et président de la PME, partage, sur la scène du Bang lors de la 8e édition de Big, trois métamorphoses opérées dans le secteur du textile en France. 

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Guillaume Gibault

Comment le marché du textile et de l’habillement se renouvelle depuis plusieurs années dans l’Hexagone ? C’est à cette question que Guillaume Gibault a tenté  de répondre sur la scène du Bang en octobre dernier. Le fondateur du Slip Français est également le président du groupe Façon De Faire. Fondée en 2020, la plateforme  rassemble aujourd’hui tous les acteurs de l’industrie du textile et de la mode engagés pour le 100 % Made in France, avec plus de 220 ateliers à son compteur. Fort de son expérience dans le secteur, Guillaume Gibault liste  trois métamorphoses menées sur le marché du textile et de l’habillement.

Digitaliser le marché en vue de son impact environnemental et social 

Première évolution, celle concernant le secteur du textile. Aujourd’hui, il représente 3 milliards de vêtements fabriqués  sur le marché français d’après le fondateur du Slip Français et près de 10 kg d’habits achetés en France par habitant .  Avec de plus en plus de pièces achetées à la minute, c'est tout naturellement que les marques cherchent à réduire les coûts de fabrication. « Depuis environ 30 ans, on a exporté la filière de plus en plus loin, en Chine ou au Bangladesh, pour augmenter les marges, sans pour autant se soucier de l'impact environnemental et social. » 

Selon le fondateur du Slip Français, la situation est en train de changer, grâce notamment à la digitalisation du marché. « Aujourd’hui, on veut faire moins mais mieux. Le secteur se métamorphose depuis trois ans grâce au digital qui représente 15 % des ventes. » Une évolution dont le président peut lui-même témoigner avec sa PME, qui en 2020 devient une entreprise à mission. « On met à disposition notre savoir-faire, nos outils digitaux pour aider et créer un réseau qui rassemble tous les acteurs du secteur. » Enfin, il semblerait que les mentalités changent : « Les gens réfléchissent plus avant d’acheter, poursuit Guillaume Gibault. Ils n’hésitent pas à se procurer  leurs vêtements sur des sites de seconde main ou les réparer eux-mêmes. »

Un effet Covid sur le secteur 

Autre métamorphose du secteur du textile, c’est la relance de la filière grâce à la crise du Covid . En effet, dans les années 1990 en France, cette dernière représentait 600 000 emplois contre seulement 100 000 aujourd’hui. « 85 % des emplois dans le domaine du textile sont partis à cause des contraintes du marché, explique le président de Façon De Faire. Nos campagnes, nos territoires et nos usines ont dû rebondir  avec moins de savoir-faire, moins de personnes derrière les machines et moins d’impact local dans les territoires. » 

Un constat qui est en train de changer avec l’apparition de groupes comme Façon De Faire. Ces derniers encouragent les entreprises à produire et créer des vêtements en France depuis la pandémie.  « La filière s’est mise à devoir fabriquer des masques, raconte Guillaume Gibault. 1 500 ateliers ont produit 200 millions de masques et 12 millions de blouses pour les hôpitaux, les couturiers sont des gens qu’on a remis sur le devant de la scène. » Une demande qui a contribué notamment à renflouer la trésorerie de plusieurs ateliers. Un bonne nouvelle pour le secteur qui a aussi bénéficier des effets du plan de relance. 700 projets ont été sélectionnés pour bénéficier de fonds pour acheter de nouvelles machines, innover, recycler ou fabriquer différemment en France.  

Innover en permanence pour redonner à la filière ses lettres de noblesses

Dernière métamorphose évoquée  sur la scène du Bang par Guillaume Gibault : l'innovation, pour redonner une seconde vie à la filière du textile et de l'habillement, à travers  l’exemple du Slip Français. Le fondateur met en avant la réussite de sa PME 100 % Made in France à travers son parcours. « Au début, on était une petite start-up qui faisait des blagues sur les réseaux sociaux, s’amuse le fondateur. Puis, nous avons levé des fonds, on a dépensé beaucoup d’argent et on en a beaucoup perdu aussi. » 

Dans la même démarche que le fondateur, de plus en plus d’entreprises  souhaitent procéder à chaque étape de la création du produit en France. « C’était un véritable engagement. Nous étions en train de créer une PME industrielle  et enracinée dans notre histoire. » Avec la crise du Covid-19, l’entreprise prendre un nouveau cap qui accompagne une prise de conscience de Guillaume Gibault : « Une entreprise ce n’est pas fait que pour gagner de l’argent. Evidemment, elle doit être rentable mais aussi  réinventer et s’attaquer à des sujets sociétaux et environnementaux », conclut le fondateur. 

 

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Emmanuel Lanoe

Emmanuel Lanoe

Rédacteur Web