L’Afrique de l’Est en quête de nouvelles infrastructures et d’efficacité agricole

Avec de grandes puissances comme le Kenya, la Tanzanie, ou l’Afrique du Sud, l’Afrique de l’Est et Australe représente une région particulièrement dynamique avec des taux de croissance stables en dépit des crises successives. Mourad Chouiqa, responsable régionale Afrique de l’Est, Australe & Océan Indien chez Bpifrance nous propose un tour d’horizon. 

  • 30 mai 2023
  • Temps de lecture: 2-3 min
L’Afrique de l’Est en quête de nouvelles infrastructures et d’efficacité agricole

« L’Afrique de l’Est, c’est une ouverture sur le reste de l’Afrique, sur le Moyen-Orient et sur l’Océan Indien ». Mourad Chouiqa, responsable régional Afrique de l’Est, Australe et Océan Indien de Bpifrance y invite d’ailleurs volontiers les entreprises françaises. Souvent évitée et moins explorée pour son marché anglophone, la zone regorge pourtant d’opportunités pour celles qui osent s’y lancer. « Le marché est très ouvert à la concurrence étrangère » encourage le responsable. Les défis d’aujourd’hui et de demain sont nombreux pour les pays de la région, qui s’y préparent : démographie en pleine croissance, besoin en infrastructures, optimisation de la production agricole, … Des enjeux sur lesquels ces économies sont en attente de solutions, mais qui ont aussi de quoi apporter un regard nouveau à nos entrepreneurs, notamment dans la tech.   

Des infrastructures pour anticiper l’explosion démographique 

Avec un taux de croissance à 4,2% en 2022, l’Afrique de l’Est a aujourd’hui pour principale ambition de développer ses infrastructures. Les économies espèrent également voir leurs secteurs privés émerger et faire de leurs fabricants actuels de véritables puissances industrielles. Des marchés comme le transport, la santé, ou l’éducation font également partie des principaux défis dans cette région qui devrait connaître un boom démographique d’ici la moitié du siècle. « L’Ouganda va voir sa population tripler. D’ici 2050, elle devrait atteindre 120 millions d’habitants », précise Mourad Chouiqa. La jeunesse, en grande majorité sur ces territoires arrive, elle aussi, bientôt sur le marché du travail, parmi elle, peut-être les entrepreneurs de demain. C’est ce que cherche à développer en tout cas Bpifrance avec son fonds de fonds Averroès, qui investit dans les fonds africains dédiés au développement des startups et PME du continent. « Cet investissement permet aussi de faire le lien avec les entreprises françaises ». En avril 2023, le programme européen Eureka, qui promeut la coopération internationale dans l’innovation, a d’ailleurs clôturé une offre de collaboration entre des entreprises françaises et kényanes sur le secteur phare de la tech. 

Nairobi, berceau florissant de la tech  

« En Europe, on n’approcherait pas de la même manière l’Italie et l’Allemagne. C’est pareil pour les pays d’Afrique de l’Est », insiste Mourad Chouiqa quand il aborde la question de prospection sur ces marchés. Le responsable Bpifrance rappelle dans la foulée les clichés qui pèsent sur la région : « Beaucoup ne soupçonnent pas que le Kenya est un pays très connecté. C’est une grande place de la tech où tout va très vite ». L’offre de collaboration du programme européen Eureka précédemment mentionnée vise d’ailleurs à rapprocher les entreprises innovantes kenyanes et françaises dans l’optique de les voir coopérer et d’aboutir à de nouvelles innovations tech. « On a beaucoup de choses à apprendre à l’étranger, c’est important de sortir de nos frontières pour confronter son savoir-faire et pour innover », souligne le représentant de Bpifrance. Se rapprocher de ces pays permet aussi de mieux en comprendre les problématiques et les contraintes, comme cela peut être le cas sur l’agriculture.  

Efficacité des process et relocalisation de la valeur ajoutée, les défis de l’agriculture est-africaine 

L’Afrique de l’Est fait partie des victimes collatérales de la guerre en Ukraine. Dépendante du blé ukrainien, la zone a vu le prix des matières premières augmenter. La sécheresse, qui frappe durement le Kenya, n’arrange pas la situation. Les économies de la région réagissent et cherchent aujourd’hui à orienter les investisseurs et entrepreneurs sur les sujets de process agricoles, des intrants et fertilisants. « Le Kenya, par exemple, s’ouvre à la coopération internationale pour trouver des solutions. Le pays s’est beaucoup rapproché du Maroc récemment sur ce sujet », illustre Mourad Chouiqa, responsable régional Afrique de l’Est et Australe chez Bpifrance. Pour lui, l’une des grandes problématiques repose sur la conservation de la valeur ajoutée dans ces pays. « La noix de cajou est récoltée en Tanzanie puis exportée, bien souvent en Asie, pour être transformée avant de la faire revenir. Cela aggrave la balance commerciale du pays », déplore le responsable régional. Il espère ainsi voir les autorités locales trouver des solutions pour garder cette valeur ajoutée dans leurs frontières. 

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