Fintech : comment les néobanques innovent pour séduire les indépendants ?

Fruit d’un paysage bancaire en pleine évolution, les Fintechs prolifèrent depuis quelques années. Réputées plus souples que les banques classiques, ces dernières proposent des services adaptés et spécifiques pour mieux répondre aux besoins des entrepreneurs.

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« Quels services sont vraiment nécessaires ? ». Pour Naya Luceau, coach en entreprise, c’est la question primordiale qu’un travailleur indépendant doit se poser avant d’ouvrir son compte bancaire. Entrepreneure depuis quatre ans, cette spécialiste de la méthode agile a toujours fait confiance aux néobanques pour répondre à ses besoins professionnels. Un choix qu'elle justifie par la taille humaine de ces dernières et leur ancrage national. D’abord conseillée par des connaissances, puis confortée par une étude de marché détaillée, la cheffe d’entreprise avait tout de même une certitude préalable. « Lors du choix de ma première banque, je savais que je voulais un service rapide, ne pas attendre des mois l’ouverture de mon compte courant », précise-t-elle.  

Des informations simples et lisibles en temps réel  

Avant d’ouvrir son compte professionnel, Naya Luceau avait déjà fait la transition avec ses comptes personnels. « L’avantage, c’est que l’application mobile est simple d’utilisation, le compte ne possède pas un milliard de fonctionnalités, dont toutes celles qui ne répondent pas à mes besoins », explique l’entrepreneure, qui précise qu’aujourd’hui détenir un chéquier n’est plus nécessairement indispensable. Une sobriété de l’offre qui rendrait plus agréable l’interface bancaire avec des informations simples et lisibles en temps réel. Des caractéristiques qui font écho avec son activité professionnelle dans l’agilité.  

Si les Fintechs se spécialisent particulièrement sur des besoins spécifiques, ce n'est pas un hasard, explique Simon Parisot, cofondateur de Blank, une néobanque pour les indépendants. Riche de nombreuses expériences dans la finance (Crédit Agricole, BNP Paribas ou la Banque de France), l’entrepreneur constate que les Fintechs, avec leurs modes de fonctionnement plus flexibles, accélèrent considérablement la segmentation du secteur bancaire. « Comme dans d’autres domaines, les gros acteurs ont parfois plus de mal à faire preuve d’innovation. Les Fintechs sont une réponse à des changements structurels », explique-t-il.  

Un secteur très régulé rendant difficile l’entrée sur le marché de nouveaux acteurs 

Des innovations qui facilitent le quotidien des entrepreneurs. Naya Luceau passe notamment par sa néobanque pour automatiser toutes ses déclarations à l’URSSAF. « La base, c’est le service bancaire simple et modulable, mais la facilitation des démarches administratives est un vrai plus ». Une option en dehors des prérogatives des banques, mais qui, pour Simon Parisot, s’inscrit dans une tendance générale. « L’apport le plus important dans notre offre, c’est la suppression des tâches sans valeur ajoutée dans le quotidien de l’entrepreneur ». Un pli largement adopté par les néobanques qui proposent des services variés, tels que des outils facilitant la comptabilité et la facturation ou encore des aides juridiques à la création d’entreprise. Des services qui offrent un gain de temps certain pour de nombreux indépendants. Chacune spécialisée pour répondre à des besoins spécifiques, elles permettent soit un nombre important de retrait par mois, soit de faire des transactions à l’internationale ou encore de diversifier son portefeuille avec des crypto-monnaies. 

Pour autant, le développement des nouvelles structures bancaires ne menace pas les institutions traditionnelles. « Pour gérer du paiement ou des activités bancaires au sens large, à un moment, il faut travailler avec les acteurs en place », assure le cofondateur de Blank, dont l’entreprise elle-même est rattachée au Crédit Agricole. De fait, la régulation du secteur rend très difficile l’entrée sur le marché de nouveaux acteurs. Les Fintechs, en grande majorité, sont obligées de passer des partenariats avec des banques conventionnelles. Une contrainte qui permet finalement aux Fintechs de se parer de compétences spécifiques mais indispensables en termes de contrôle des fraudes, notamment.  

Inclure les clients dans l’amélioration continue de l’offre 

Pour innover et créer de la valeur ajoutée, Simon Parisot s’appuie notamment sur sa connaissance du terrain. « Notre offre, nous l’avons définie en interrogeant une centaine d'indépendants sur leurs besoins ». Cet effort d’échange avec les indépendants, la néobanque professionnelle le poursuit sur un canal Slack (plateforme de communication collaborative). Un système qui incite les clients à s’impliquer dans l’amélioration continue des produits de la startup.  

La relation avec les indépendants est d’autant plus importante que ces derniers ont des profils et des besoins très différents. « Un artisan dans le bâtiment a besoin d’un véhicule, de matériel et de matières premières, etc. Des problématiques qui ne s’appliquent pas du tout à un freelance dans le digital. », développe l’entrepreneur. Un enjeu d’autant plus présent, que le service client des néobanques (ou plus globalement des fintechs), contrairement aux banques traditionnelles, n’existe que de manière dématérialisée.  

 

Martin Ferron

Martin Ferron

Rédacteur Web